{"id":1587,"date":"2004-11-01T00:00:00","date_gmt":"2004-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1587"},"modified":"2004-11-01T00:00:00","modified_gmt":"2004-10-31T22:00:00","slug":"1587","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/11\/01\/1587\/","title":{"rendered":"The Red Masque &#8211; Feathers For Flesh"},"content":{"rendered":"<p>Comme nous aimerions, chez Progressia, recevoir plus de disques dot\u00e9s d\u2019une telle personnalit\u00e9 ! The Red Masque ne laissera personne indiff\u00e9rent avec sa musique, tr\u00e8s ambitieuse, et sa grandiloquente chanteuse Lynnette Shelley. Quel plaisir de constater que la sc\u00e8ne des musiques progressives arrive encore \u00e0 accoucher de fortes t\u00eates comme celle-ci. <\/p>\n<p> Groupe am\u00e9ricain n\u00e9 il y a trois ans \u00e0 peine, The Red Masque sort d\u00e9j\u00e0 son second album, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une sulfureuse r\u00e9putation. D\u00e9j\u00e0 parrain\u00e9s par Chris Cutler, pape des musiques nouvelles Outre-Atlantique, le quatuor est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des groupes les plus importants du continent en mati\u00e8re d\u2019 \u00ab avant-rock \u00bb, gr\u00e2ce \u00e0 un m\u00e9lange s\u00e9duisant sur le papier : zeuhl, gothique et progressif. Une alchimie qui semble <i>a priori<\/i> difficile \u00e0 mettre en \u0153uvre, et qui pourtant est av\u00e9r\u00e9e sur <i>Feathers For Flesh<\/i>. <\/p>\n<p> Apr\u00e8s une inqui\u00e9tante introduction psalmodi\u00e9e, d\u00e9compos\u00e9e en quatre mouvements, \u00ab House of Ash \u00bb d\u00e9marre en trombe avec un rythme martial qui semble emprunt\u00e9 \u00e0 Magma et un gros son distordu et sec. On sent d\u2019embl\u00e9e qu\u2019aucun compromis ne sera accord\u00e9. Lynnette navigue entre chant grave et clair, en pleine crise de schizophr\u00e9nie, sur fond de claviers ou de choeurs (ses trois comp\u00e8res g\u00e9rant l\u2019instrument et les voix secondaires) et de progressif agressif particuli\u00e8rement complexe. \u00ab Passage \u00bb calme le jeu en d\u00e9butant comme un titre de White Willow, sur un folk progressif paisible gorg\u00e9 de fl\u00fbtes, avant que le trio instrumental ne se d\u00e9cha\u00eene, Mrs Shelley se prenant m\u00eame pour Siouxsie Sioux.<br \/>L\u2019aspect th\u00e9\u00e2tral de sa prestation est \u00e0 son comble sur \u00ab Yellow Are His Opening Eyes \u00bb et surtout sur le final \u00ab Scarlet Experiment \u00bb, qui enfonce le clou : The Red Masque compte en la personne de sa chanteuse une v\u00e9ritable grande malade. Elle utilise sa voix comme un instrument \u00e0 part enti\u00e8re, comme a pu le faire, avec peut-\u00eatre plus de talent encore, Diamanda Gallas.<br \/>La basse de Brandon Ross, totalement satur\u00e9e, a un peu le m\u00eame r\u00f4le que dans un Anekdoten et la guitare de Kiarash Emami se trouve soit en soutien, soit en contrepoint m\u00e9lodique. D\u00e8s lors, lorsque le groupe se met en branle, il sonne comme un Magma gothique, atteignant parfois l\u2019\u00e9paisseur de Black Sabbath.<\/p>\n<p> Seul l\u2019acoustique \u00ab Beggars &#038; Thieves \u00bb reste intact (et calme !), en \u00e9chappant \u00e0 ce travail de d\u00e9construction constant que fait subir The Red Masque \u00e0 ses morceaux. Il est d\u2019ailleurs \u00e9tonnant de constater une telle volont\u00e9 de d\u00e9monter chaque id\u00e9e pour la faire \u00e9voluer vers quelque chose de diff\u00e9rent, allant en g\u00e9n\u00e9ral du calme vers le d\u00e9cha\u00een\u00e9 et inversement. Mais jamais le terme de digression ne vient \u00e0 l\u2019esprit \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ces explorations stylistiques, gr\u00e2ce \u00e0 une mise en place et un sens de l\u2019\u00e9criture pertinents. <\/p>\n<p> Sorte de Bauhaus progressif, avec le m\u00eame amour de la mise en sc\u00e8ne et de la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 de la musique &#8211; sensation renforc\u00e9e par l\u2019usage immod\u00e9r\u00e9 de visuels tr\u00e8s forts &#8211; The Red Masque ne manque pas d\u2019atouts, sa principale originalit\u00e9 \u00e9tant aussi son plus gros d\u00e9faut. Il faudra en effet une bonne dose de courage pour le suivre dans ses p\u00e9r\u00e9grinations, et une grande tol\u00e9rance pour appr\u00e9cier de bout en bout <i>Feathers For Flesh<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme nous aimerions, chez Progressia, recevoir plus de disques dot\u00e9s d\u2019une telle personnalit\u00e9 ! 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