{"id":1507,"date":"2008-01-23T00:00:00","date_gmt":"2008-01-22T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1507"},"modified":"2008-01-23T00:00:00","modified_gmt":"2008-01-22T22:00:00","slug":"1507","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/01\/23\/1507\/","title":{"rendered":"Pienza Ethnorkestra &#8211; Indiens d&rsquo;Europe"},"content":{"rendered":"<p>Encore un OMNI (Objet Musical Non Identifi\u00e9) ! Voil\u00e0 en effet le terme pour qualifier <i>Indiens d&rsquo;Europe<\/i>, le dernier album de Pienza Ethnorkestra, formation pour le moins atypique. En 2004, le vielleux Thierry Bruneau et le batteur Daniel Jeand&rsquo;heur (One Shot, Snake Oil, etc.) enregistrent un disque singulier, en duo. Ce premier essai est diffus\u00e9 sous le beau nom de <i>Pienza<\/i> (faut-il y voir une allusion \u00e0 la petite ville italienne du m\u00eame nom ?). Quelques mois plus tard, ce titre devient le nom d&rsquo;un groupe. S&rsquo;y adjoignent un \u00e9trange substantif, \u00ab&nbsp;Ethnorkestra&nbsp;\u00bb et un musicien suppl\u00e9mentaire, James McGaw. Ce dernier, qui officie d&rsquo;ordinaire \u00e0 la guitare (Magma, One Shot, etc.), tient ici la basse, et la surprise est heureuse (m\u00eame si l&rsquo;influence \u00ab&nbsp;zeuhl&nbsp;\u00bb se fait parfois sentir, comme sur \u00ab&nbsp;Gengis Khan \/ La steppe&nbsp;\u00bb).<\/p>\n<p>  Tout, dans ce disque, est \u00e0 la fois obscur et d&rsquo;une \u00e9vidente clart\u00e9. La formule \u00ab&nbsp;Ethnorkestra&nbsp;\u00bb, tout d&rsquo;abord. Etrange \u00e0 premi\u00e8re vue, le terme se r\u00e9v\u00e8le plein de sens \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute du disque, qui fait la part belle \u00e0 un r\u00e9pertoire traditionnel d&rsquo;Europe centrale (trois des cinq titres, les deux autres \u00e9tant des compositions), enti\u00e8rement revu et corrig\u00e9 par des musiciens \u00e0 l&rsquo;approche \u00e0 la fois rock, jazz, fusion, et tant d&rsquo;autres choses encore. Le titre, ensuite, ce paradoxal <i>Indiens d&rsquo;Europe<\/i>. Associant \u00e9nergie purement tribale, r\u00e9pertoire europ\u00e9en et l&rsquo;instrument roi des musiques folkloriques fran\u00e7aises, Pienza donne sans aucun doute tout son sens \u00e0 ce titre. A moins qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse de l&rsquo;autre Inde, la vraie, et non celle de l&rsquo;erreur de Colomb ? Laissons planer le doute.<\/p>\n<p>  Tout au long de ces cinq titres, enregistr\u00e9s <i>live<\/i> en 2005, on assiste \u00e0 une explosion de rythmes et de couleurs. L&rsquo;entr\u00e9e en mati\u00e8re, \u00ab&nbsp;Ali lennti&nbsp;\u00bb plante le d\u00e9cor : la vielle \u00e0 roue est survitamin\u00e9e, la basse gronde et vocif\u00e8re \u00e0 souhait mais reste toujours d&rsquo;une grande mobilit\u00e9, et la batterie ne cesse de rebondir, maniant les polyrythmies avec une aisance confondante, filant toujours plus loin, toujours plus vite. L&rsquo;\u00e9quilibre du trio est incontestable : les trois instruments se poursuivent et s&rsquo;entrem\u00ealent dans un mouvement constant, mais jamais l&rsquo;un d&rsquo;entre eux n&rsquo;\u00e9crase les autres, et lorsque l&rsquo;un des trois larrons prend le chorus, les deux autres veillent, assurant une rythmique \u00e9volutive et poussant le soliste dans ses derniers retranchements (\u00ab&nbsp;Comme des oiseaux&nbsp;\u00bb).<\/p>\n<p>  Le go\u00fbt de l&rsquo;extr\u00eame est manifeste, et la d\u00e9marche sans compromission. Ces trois-l\u00e0 font manifestement la musique qu&rsquo;ils aiment, et leur plaisir est palpable, dans l&rsquo;\u00e9nergie et l&rsquo;ardeur mises au service de chaque note. La virtuosit\u00e9 est certaine, mais elle n&rsquo;est jamais un argument, et les grandes envol\u00e9es retombent, parfois miraculeusement, toujours sur leurs pieds, pour mieux rebondir vers autre chose. La vielle \u00e0 roue assume, comme c&rsquo;est souvent le cas dans ce type de formation, un r\u00f4le comparable \u00e0 celui d&rsquo;une guitare, entre rythmique et phras\u00e9s solistes, d\u00e9veloppant une gamme de sons allant du plus clair \u00e0 une saturation grasse que ne renieraient pas certains groupes de metal.<\/p>\n<p>  Si l&rsquo;ensemble peut para\u00eetre un peu <i>bricolo<\/i> au premier abord (pochette au travail graphique minimal, conditions de prise de son que l&rsquo;on aurait sans doute r\u00eav\u00e9es meilleures), l&rsquo;essentiel se trouve bel et bien dans la musique. Et \u00e0 ce sujet, il devient difficile de trouver quoi que ce soit \u00e0 redire. L&rsquo;ensemble est d&rsquo;une grande spontan\u00e9it\u00e9, profond\u00e9ment \u00e9nergique et d&rsquo;une qualit\u00e9 instrumentale et musicale qui ne se d\u00e9ment jamais. De plus, Pienza d\u00e9montre, \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;un Familha Artus ou dans une moindre mesure d&rsquo;un Zaar, que la vielle \u00e0 roue n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;instrument d\u00e9suet qui faisait danser nos arri\u00e8res grand-m\u00e8res dans les bals de campagne, mais qu&rsquo;utilis\u00e9e avec inventivit\u00e9 dans le rock et les musiques nouvelles, elle offre un panel de jeu et de sons qui m\u00e9rite grandement d&rsquo;\u00eatre explor\u00e9 plus avant !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Encore un OMNI (Objet Musical Non Identifi\u00e9) ! 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