{"id":1499,"date":"2004-10-11T00:00:00","date_gmt":"2004-10-10T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1499"},"modified":"2004-10-11T00:00:00","modified_gmt":"2004-10-10T22:00:00","slug":"1499","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/10\/11\/1499\/","title":{"rendered":"Pink Floyd &#8211; The Wall"},"content":{"rendered":"<p>Chef d\u2019\u0153uvre pour les uns, d\u00e9but de la fin d\u2019un groupe atrophi\u00e9 sous la f\u00e9rule de Roger Waters pour les autres, le consensus sur <i>The Wall<\/i> n\u2019est toujours pas fait. Mais il est ind\u00e9niable que tout concourt \u00e0 faire de cet album un moment exceptionnel de la vie du Floyd, tant par ses conditions de r\u00e9alisation (deux studios en parall\u00e8le, spectacle dantesque et impossible \u00e0 emmener en tourn\u00e9e jusqu\u2019au <i>Live in Berlin<\/i> de Waters en 1990, etc.) que par le gigantisme du projet et l\u2019ambition du pari. <\/p>\n<p> Dans une atmosph\u00e8re d\u00e9j\u00e0 tendue entre Waters \u2013 qui prend le contr\u00f4le total du groupe \u2013 et les autres membres, David Gilmour en t\u00eate, Pink Floyd donne ici naissance \u00e0 son album le plus rock, le plus extr\u00eame et le plus paroxystique, indissociable du film d\u2019Alan Parker qu\u2019il inspirera en 1981 \u2013 et non l\u2019inverse, premi\u00e8re dans l\u2019histoire du rock &#8211; aussi d\u00e9routant que psychologiquement violent.<br \/>Largement autobiographique &#8211; Waters y \u00e9voque son enfance marqu\u00e9e par l\u2019absence de son p\u00e8re, mort en 1944 en Italie \u00e0 la bataille d\u2019Anzio dont il se sent, dit-il, toujours aujourd\u2019hui consciemment et inconsciemment coupable &#8211; <i>The Wall<\/i> alterne phases tortur\u00e9es et extraverties (l\u2019\u00e9pileptique \u00ab One Of My Turns \u00bb, \u00ab Another Brick in the Wall pt. 3 \u00bb), introspection m\u00e9ditative (\u00ab Nobody Home \u00bb, \u00ab Confortably Numb \u00bb) et plainte douloureuse (\u00ab Don\u2019t Leave Me Now \u00bb, \u00ab Stop \u00bb), m\u00ealant souvenirs traumatiques d\u2019enfance et cruaut\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 implacable. <\/p>\n<p> Pink Floyd reprend, en les poussant \u00e0 l\u2019extr\u00eame, les r\u00e8gles canoniques du <i>concept album<\/i>. La mise en sc\u00e8ne est polyphonique (les modulations de la voix de Waters en fonction des diff\u00e9rents r\u00f4les sont particuli\u00e8rement expressives \u2013 cf. \u00ab The Trial \u00bb, pi\u00e8ce oedipienne hallucin\u00e9e proche de l\u2019op\u00e9ra-rock mettant en sc\u00e8ne Pink, jou\u00e9 dans la production de Parker par un excellent Bob Geldof, sa femme, sa m\u00e8re, son professeur d\u2019\u00e9cole, le juge\u2026) et le r\u00e9cit, complexe et tendu, m\u00eale r\u00eave, cauchemar et r\u00e9alit\u00e9 sur fond d\u2019ambiances et dialogues, confondant pass\u00e9 violent refoul\u00e9 et mal-\u00eatre pr\u00e9sent. Les leitmotivs textuels ou musicaux, et plus tard visuels gr\u00e2ce au film, d\u00e9clinent <i>The Wall<\/i> en une variation sur l\u2019enfermement et l\u2019ali\u00e9nation de la personnalit\u00e9. <\/p>\n<p> De par ses conditions de r\u00e9alisation comme de par son aspect plus aride et plus dur que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, <i>The Wall<\/i> est une pierre angulaire, magique et fascinante, de la discographie du Floyd. Cet album ne peut \u00eatre envisag\u00e9 isol\u00e9ment, et s\u2019il se suffit musicalement \u00e0 lui-m\u00eame, sa pleine envergure n\u2019est mesurable qu\u2019en association avec le film, auquel participera Michael Kamen, mais \u00e9galement en prenant conscience du lien \u00e9troit qui l\u2019unit \u00e0 son successeur, <i>The Final Cut<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chef d\u2019\u0153uvre pour les uns, d\u00e9but de la fin d\u2019un groupe atrophi\u00e9 sous la f\u00e9rule&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":1500,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1499"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1499"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1499\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1500"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1499"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1499"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1499"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}