{"id":1489,"date":"2002-10-01T00:00:00","date_gmt":"2002-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1489"},"modified":"2002-10-01T00:00:00","modified_gmt":"2002-09-30T22:00:00","slug":"1489","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2002\/10\/01\/1489\/","title":{"rendered":"Symphony X &#8211; V &#8211; The New Mythology Suite"},"content":{"rendered":"<p>Symphony X, comme le vin, varie selon les ann\u00e9es&#8230; Apr\u00e8s un <i>Twilight In Olympus<\/i> (1998) quelque peu d\u00e9cevant, manifestement \u00e9crit et enregistr\u00e9 dans l&rsquo;urgence, Symphony X se devait de \u00ab taper tr\u00e8s fort \u00bb pour ce qui avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 comme un \u00ab\u00a0grand retour\u00a0\u00bb. Force est de constater (avec pr\u00e9caution toutefois) que c&rsquo;est chose faite, avec un concept-album ambitieux et une hargne retrouv\u00e9e.<\/p>\n<p> Pourtant, des esprits exigeants ne manqueront pas de faire grise mine : le concept d\u00e9velopp\u00e9 tout au long des soixante minutes de <i>V<\/i> se pr\u00e9sente comme complexe, mais rel\u00e8ve avant tout d&rsquo;un manich\u00e9isme un rien d\u00e9sesp\u00e9rant ; la pochette et les oppositions \u00ab\u00a0conceptuelles\u00a0\u00bb qui sous-tendent toutes les paroles en sont une illustration flagrante. Symphony X m\u00eale ainsi de mani\u00e8re totalement h\u00e9t\u00e9roclite des \u00e9l\u00e9ments n&rsquo;ayant rien \u00e0 voir les uns avec les autres, d\u00e9passant les limites de l&rsquo;influence et frisant le patchwork. On trouve ainsi p\u00eale-m\u00eale panth\u00e9isme (\u00ab\u00a0Evolution\u00a0\u00bb), mythologies (en vrac : \u00e9gyptienne, grecque et orientales), arri\u00e8re-plan messianique, etc. le tout saupoudr\u00e9 d&rsquo;un zeste de science-fiction, H.G. Wells en t\u00eate, pour ce qui est de la partition bipolaire de l&rsquo;humanit\u00e9 (cf. <i>The Time Machine<\/i>). <\/p>\n<p> Cet aspect \u00ab\u00a0melting pot\u00a0\u00bb sans assimilation se retrouve \u00e9galement dans la musique, qui s&rsquo;en sort cependant bien mieux. Dissimulant pour quelques mesures ses tentations \u00ab\u00a0n\u00e9o-classiques \u00e0 la Malmsteen\u00a0\u00bb, le groupe retombe dans certains pi\u00e8ges : passages purement heavy sans grand int\u00e9r\u00eat, bien qu&rsquo;efficaces <i>(NdF : et si on ne leur demandait rien d&rsquo;autre, apr\u00e8s tout ?)<\/i>, introduction frapp\u00e9e des m\u00eames syndromes que Rhapsody (<u><i>Dawn of Victory<\/u><\/i>) bien que plus \u00ab\u00a0digeste\u00a0\u00bb, tendance de Michael Romeo \u00e0 \u00e9craser tout le reste (Allen est encore trop en arri\u00e8re et ses lignes de voix en-dessous de ce dont il est capable) et fantasme incontr\u00f4l\u00e9 du classique.<br \/>Symphony X commet en effet de nouveau une erreur magistrale, plus encore que sur <i>Twilight&#8230;<\/i> o\u00f9 Beethoven avait eu les honneurs. C&rsquo;est ici le \u00ab\u00a0Lacrimosa\u00a0\u00bb du <i>Requiem<\/i> de Mozart \u2013 qui n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs jamais cit\u00e9 dans le livret \u2013 que le groupe greffe artificiellement, par lambeaux, \u00e0 un instrumental pourtant excellent et qui n&rsquo;en demandait pas tant (\u00ab\u00a0The Death Of Balance\u00a0\u00bb). Dommage, tant pour Mozart que pour Symphony X ! Les groupes de metal comprendront-ils un jour qu&rsquo;ils n&rsquo;ont de comptes \u00e0 rendre \u00e0 personne, ni de caution ext\u00e9rieure \u00e0 rechercher ? Ce besoin de l\u00e9gitimation intellectuelle et musicale les pousse \u00e0 r\u00e9utiliser des textes latins conventionnels (en l&rsquo;occurrence le \u00ab\u00a0Dies Irae\u00a0\u00bb du texte de la messe des morts) \u00e0 la va-vite en introduction des albums, et \u00e0 reprendre hors de propos des poncifs du classique.<\/p>\n<p> Et pourtant, la recette fonctionne et l&rsquo;auditeur se laisse prendre avec plaisir \u00e0 un style imm\u00e9diatement identifiable. On est d&rsquo;ailleurs parfois \u00e0 la limite de l&rsquo;auto-plagiat mais ceci est un autre d\u00e9bat. On retrouve une certaine grandiloquence (\u00ab\u00a0Egypt\u00a0\u00bb) propre au groupe, l&rsquo;aspect extr\u00eamement virtuose de Michael Romeo ainsi que des passages plus purement metal progressif (\u00ab\u00a0Fallen\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Rediscovery &#8211; Part II\u00a0\u00bb) bien plus int\u00e9ressants, aux rythmiques travaill\u00e9es sans \u00eatre trop complexes pour autant. <\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces quelques regrets, cet album n&rsquo;en est pas moins un <i>must<\/i> pour les fans et, dans l&rsquo;absolu, l\u2019un des meilleurs albums de Symphony X \u00e0 ce jour, \u00e0 la lutte avec <i>The Divine Wings Of Tragedy<\/i>. Il ne reste qu&rsquo;\u00e0 regretter un certain manque de renouvellement ainsi que ce sempiternel \u00ab complexe du classique \u00bb. Points ponctuels, certes, mais d&rsquo;autant plus rageants que l&rsquo;on sent l&rsquo;\u00e9vidence avec laquelle le groupe serait capable de les d\u00e9passer, en cessant d&rsquo;\u00eatre vell\u00e9itaire !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Symphony X, comme le vin, varie selon les ann\u00e9es&#8230; Apr\u00e8s un Twilight In Olympus (1998)&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":1490,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1489"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1489"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1489\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1490"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1489"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1489"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1489"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}