{"id":1483,"date":"2002-10-01T00:00:00","date_gmt":"2002-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1483"},"modified":"2002-10-01T00:00:00","modified_gmt":"2002-09-30T22:00:00","slug":"1483","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2002\/10\/01\/1483\/","title":{"rendered":"Trent Gardner &#8211; Leonardo, the Absolute Man"},"content":{"rendered":"<p>Enfin ! Le projet tant attendu de Trent Gardner s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9 dans les rayons de vos disquaires\u2026 ou plut\u00f4t, de certains seulement, puisqu\u2019il n\u2019est actuellement disponible qu\u2019en import, la distribution de Magna Carta \u00e9tant de plus en plus disparate. Mais Progressia n\u2019a pu s\u2019emp\u00eacher de se jeter sur <i>The Absolute Man<\/i>, pour en revenir avec des impressions \u00e9trangement mitig\u00e9es. Quel ovni Trent Gardner a-t-il encore pondu ! Le projet avait des allures de tarte \u00e0 la cr\u00e8me : un concept-album autour de la vie (romanesque et fort romanc\u00e9e par Gardner et Morticelli) de L\u00e9onard de Vinci, r\u00e9unissant un parterre de grands noms du metal progressif am\u00e9ricain, les fr\u00e8res Gardner et le traditionnel Robert Berry\u2026 Voil\u00e0 qui laissait pr\u00e9sager du pire comme du meilleur, connaissant l\u2019absence de limites de ce bougre de Trent. Soulagement, le meilleur l\u2019emporte de loin, mais laisse surnager de temps \u00e0 autre l\u2019ombre du pire.<\/p>\n<p> La plus grosse surprise se situe au plan musical : en effet, \u00e0 part quelques passages \u00ab\u00a0magellanesques\u00a0\u00bb au dernier degr\u00e9, l\u2019essentiel des dix-huit titres du disque \u00e9volue dans un registre l\u00e9g\u00e8rement progressif et tr\u00e8s m\u00e9lodique, presque satur\u00e9 d\u2019harmonies vocales parfois proches des com\u00e9dies musicales savonneuses (Lisa Bouchelle, dans le r\u00f4le de Mona Lisa, n\u2019y d\u00e9pareillerait pas). Mais l\u2019ensemble est aussi par moments plus exotique (cf. les ch\u0153urs typ\u00e9s soul ann\u00e9es 60 sur \u00ab\u00a0Mona Lisa\u00a0\u00bb). Du coup, et c\u2019est un paradoxe, le Gardner pur jus en arrive \u00e0 faire t\u00e2che au milieu du reste, et parfois m\u00eame \u00e0 donner une impression d\u2019incoh\u00e9rence, au niveau des lignes de voix ou de certaines parties de claviers principalement, sans compter quelques passages sans queue ni t\u00eate (l\u2019introduction de \u00ab\u00a0Heart Of France\u00a0\u00bb)\u2026<br \/> Cependant, la grande perdante de tout cela reste l\u2019histoire : si elle est respect\u00e9e dans ses grandes lignes (l\u2019enfance \u00e0 Vinci, l\u2019apprentissage chez Verrocchio \u00e0 Florence, une soci\u00e9t\u00e9 renaissante plomb\u00e9e favorisant l\u2019immobilit\u00e9 sociale et l\u2019apparence, bouchant du m\u00eame coup les perspectives d\u2019avenir des jeunes, la carri\u00e8re d\u2019ing\u00e9nieur hydraulicien et militaire \u00e0 Milan aupr\u00e8s de Sforza, le tyran du duch\u00e9, puis la recherche de la gloire aupr\u00e8s de l\u2019absolutisme naissant \u00e0 la cour de Fran\u00e7ois Ier o\u00f9 il trouve la mort), elle est bien malmen\u00e9e dans les d\u00e9tails : trop d\u2019insistance sur l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 de Leonardo, sur son r\u00f4le de peintre, bien moins important \u00e0 l\u2019\u00e9poque que sa fonction d\u2019ing\u00e9nieur. Le \u00ab\u00a0myst\u00e8re Mona Lisa\u00a0\u00bb est romanc\u00e9 \u00e0 outrance et, plus grave, le tout part d\u2019un faux pr\u00e9alable. En effet, la paire Gardner \/ Morticelli fait de L\u00e9onard de Vinci l\u2019accoucheur d\u2019une modernit\u00e9 historique et scientifique, alors que, dans sa recherche du savoir universel, dans son ambition d\u2019\u00eatre lui-m\u00eame l\u2019homme universel (d\u2019o\u00f9 son parcours politique, de la R\u00e9publique de Florence \u00e0 l\u2019absolutisme de la cour d\u2019Amboise), il fut peut-\u00eatre le dernier \u2013 et g\u00e9nial \u2013 avatar de la pens\u00e9e m\u00e9di\u00e9vale.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s cette parenth\u00e8se historique un peu longue, que reste-t-il ? Un beau disque, parfois un peu sucr\u00e9, certes, comme souvent dans cet exercice, avec quelques bonnes surprises et l\u2019occasion de trouver des artistes, comme James LaBrie dans le r\u00f4le titre ou encore Steve Walsh, hors de leur contexte habituel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enfin ! 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