{"id":1463,"date":"2010-03-26T00:00:00","date_gmt":"2010-03-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1463"},"modified":"2010-03-26T00:00:00","modified_gmt":"2010-03-25T22:00:00","slug":"1463","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/03\/26\/1463\/","title":{"rendered":"Ihsahn &#8211; After"},"content":{"rendered":"<p>Il y a de ces musiciens, des personnages dont on sait tr\u00e8s t\u00f4t qu\u2019ils deviendront embl\u00e9matiques et parviendront \u00e0 ouvrir la voie, \u00e0 donner naissance \u00e0 une nouvelle identit\u00e9 musicale pour s&rsquo;imposer sans difficult\u00e9. Ihsahn fait partie de ceux qui ont su acqu\u00e9rir ce statut particulier qui traverse les ann\u00e9es, d\u2019un projet \u00e0 l\u2019autre, multiples mais pourtant reli\u00e9s, sans perdre leur essence. <i>After<\/i> vient ainsi cl\u00f4turer la trilogie de ses travaux en solo. Le co-fondateur d\u2019Emperor enfonce le clou et finira de convaincre les plus herm\u00e9tiques. Bref, ceux qui estiment le groupe de black metal trop noir ou le projet Peccatum trop avant-gardiste risquent fort d\u2019\u00eatre \u00e0 court d\u2019arguments<\/p>\n<p>   Telle une lourde porte que l\u2019on ouvre sans trop savoir ce qu\u2019elle cache, <i>After<\/i> est une v\u00e9ritable invitation dans l\u2019antre de son cr\u00e9ateur. L\u2019espace est am\u00e9nag\u00e9, travaill\u00e9, calcul\u00e9. Pourtant, sans attendre, une d\u00e9licieuse sensation de l\u00e2cher prise s\u2019immisce, m\u00e9lange de suggestion et d\u2019imagerie toute personnelle qui s\u2019imbriquent ou se d\u00e9litent, \u00e0 mesure que l\u2019on se laisse aller \u00e0 vagabonder ou au contraire, totalement guider. Telle une bande son cin\u00e9matographique, la musique d\u2019Ihsahn sublime un univers sombre et grondant, mais \u00e9galement contemplatif et presque doux ; tour \u00e0 tour palpable et enveloppant, il se fait distant et imp\u00e9n\u00e9trable alors qu&rsquo;on pensait avoir trouv\u00e9 ses marques.<\/p>\n<p>   Les invit\u00e9s de choix d\u00e9livrent chacun leur part de talent au service de compositions qui s\u2019appliquent \u00e0 en extraire une \u00e2me, bien au-del\u00e0 d\u2019un aspect \u00ab&nbsp;d\u00e9monstratif&nbsp;\u00bb. La guitare est \u00e0 l\u2019honneur, mod\u00e8le signature  huit cordes oblige, et le saxophone de Jorgen Munkeby (Shining) parvient \u00e0 s\u2019ins\u00e9rer dans un paradoxe clair-obscur en y ajoutant une touche m\u00e9lancolique, th\u00e9\u00e2trale et passionn\u00e9e. La voix, d\u00e9chir\u00e9e, d\u00e9chirante parfois, sait se faire \u00ab&nbsp;conteuse&nbsp;\u00bb et habit\u00e9e, port\u00e9e sans nul doute par la m\u00eame inspiration qui donne naissance \u00e0 des compositions dont les m\u00e9lodies subtiles frappent o\u00f9 \u00e7a fait mal. En outre, l\u2019ensemble est parfaitement mis en valeur par la production.<\/p>\n<p>   En poursuivant la visite, des sentiments et inspirations divers assaillent, titillent, d\u00e9routent. De la rage excentrique et d\u00e9cadente suintant de \u00ab&nbsp;A Grave Inversed&nbsp;\u00bb \u00e0 la tristesse inspir\u00e9e de l\u2019\u00e9ponyme \u00ab&nbsp;After&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Undercurrent&nbsp;\u00bb, aucun passage \u00e0 vide ne vient rompre le charme noir qui envo\u00fbte jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re note du final tr\u00e8s dense qu&rsquo;est \u00ab&nbsp;On the Shores&nbsp;\u00bb . <\/p>\n<p>   C\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9coute d\u2019un tel album que la d\u00e9finition de la musique \u00ab&nbsp;progressive&nbsp;\u00bb se fait tout \u00e0 coup moins n\u00e9buleuse. Il impose sans doute possible le paradoxe d\u2019une identit\u00e9 aussi affirm\u00e9e qu\u2019insondable, qui saura convaincre les amateurs de tous bords. Ihsahn s\u2019affranchit de toutes les barri\u00e8res et \u00e9tiquettes, et offre ainsi une tr\u00e8s belle le\u00e7on d\u2019introspection cr\u00e9ative. Le Norv\u00e9gien sera pr\u00e9sent au Hellfest cet \u00e9t\u00e9, un rendez-vous \u00e0 ne pas rater afin de poursuivre l&rsquo;exp\u00e9rience en <i>live<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a de ces musiciens, des personnages dont on sait tr\u00e8s t\u00f4t qu\u2019ils deviendront&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":1464,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1463"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1463"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1463\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1464"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}