{"id":1337,"date":"2005-02-25T00:00:00","date_gmt":"2005-02-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1337"},"modified":"2005-02-25T00:00:00","modified_gmt":"2005-02-24T22:00:00","slug":"1337","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/02\/25\/1337\/","title":{"rendered":"Slapp Happy &#8211; Desperate Straights (r\u00e9\u00e9d.)"},"content":{"rendered":"<p>Orkhestra, label fran\u00e7ais tr\u00e8s actif en mati\u00e8re de musiques nouvelles, r\u00e9\u00e9dite le catalogue d\u2019un des artistes fondateurs du mouvement <i>rock in opposition<\/i>, Henry Cow, initialement disponible sur le mythique Virgin. Bien que le groupe fut cr\u00e9\u00e9 d\u00e8s 1968, la d\u00e9marche sans compromission et la libert\u00e9 d\u2019expression d\u2019Henry Cow a pos\u00e9 la pierre fondatrice du RIO n\u00e9 en 1977. Sans doute cette d\u00e9marche explique-t-elle aussi sa relative confidentialit\u00e9 et sa marginalit\u00e9 en comparaison des cadors du progressif de sa g\u00e9n\u00e9ration. Laboratoire des exp\u00e9rimentations de Fred Firth, comp\u00e8re de John Zorn, de Chris Cutler, fondateur du label Re Records (ReR), et de John Greaves, dont Progressia a chroniqu\u00e9 l\u2019un des derniers concerts solo au Triton, aucun album de cette formation \u00e0 part ne peut \u00eatre ais\u00e9ment cat\u00e9goris\u00e9, m\u00eame si une filiation avec l\u2019\u00e9cole de Canterburry et le RIO, deux styles pourtant tr\u00e8s oppos\u00e9s, peut \u00eatre relev\u00e9e. <\/p>\n<p> <i>Desperate Straights<\/i> est d\u2019ailleurs symptomatique de ce go\u00fbt pour l\u2019insaisissable. N\u00e9 d\u2019une fusion entre Henry Cow et le trio Slapp Happy, il doit m\u00eame \u00eatre clairement s\u00e9par\u00e9 de la discographie du premier tant Slapp Happy pr\u00e9domine, au contraire du disque qui le suivit en 1975, <i>In Praise of Learning<\/i>. Slapp Happy n\u2019a pas connu la m\u00eame reconnaissance que la Vache Henri malgr\u00e9 une musique tr\u00e8s originale, proche d\u2019un rock progressif ayant int\u00e9gr\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments du cabaret berlinois \u00e0 la sauce Bertholt Brecht &#8211; Kurt Weill. Ainsi, la quasi-int\u00e9gralit\u00e9 des treize titres de ce <i>Desperate Straights<\/i> ont \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s par Anthony Moore et Peter Blegvad, respectivement pianiste et guitariste de Slapp Happy, tandis que l\u2019incroyable Dagmar Krause imprime sa voix mi-cajoleuse mi-ensorcel\u00e9e sur les compositions, rappelant un improbable croisement entre Nico, Marianne Faithfull et Edith Piaf, avec un petit accent outre-Rhin qui n\u2019est finalement pas d\u00e9rangeant ! <\/p>\n<p> L\u2019album est donc une succession de courts morceaux tr\u00e8s th\u00e9\u00e2traux et virevoltants, comme  \u00ab Bad Alchemy \u00bb et sa rythmique ent\u00eatante, ou le m\u00e9lodramatique \u00ab The Owl \u00bb, avec ses entrelacements de trompettes et sa superposition de voix en forme de chorale. Le Canterburry fait surface dans un \u00ab Riding Tigers \u00bb \u00e0 l\u2019ambiance pastorale proche du Caravan de la m\u00eame \u00e9poque, ou sur le morceau titre, en forme de ballade jazzy et instrumentale que Robert Wyatt ne renierait certainement pas.<br \/>La ligne directrice de l\u2019album reste une \u00e9criture tr\u00e8s classique, et fond\u00e9e sur une rythmique pointilleuse sur laquelle piano et voix se greffent parfaitement. De m\u00eame, de nombreux arrangements pour instruments \u00e0 vents &#8211; un quintette \u00e9tant invit\u00e9 sur le disque &#8211; donnent une saveur tr\u00e8s particuli\u00e8re \u00e0 ce <i>Desperate Straights<\/i>. De cette belle harmonie ne d\u00e9tonnent que \u00ab Strayed \u00bb, un morceau <i>surf guitar<\/i> pas forc\u00e9ment opportun, et le long final abstrait constitu\u00e9 par \u00ab Caucasian Lullaby \u00bb, \u00e0 l\u2019ambiance mortuaire Erik-Satienne. Notons au passage la production pr\u00e9cise et d\u00e9taill\u00e9e magnifi\u00e9e par le <i>remastering<\/i> de Bob Drake.<\/p>\n<p> Peu (voire pas) repr\u00e9sentatif du style Henry Cow au contraire d\u2019un album comme <i>Unrest<\/i>, ce disque n\u2019en reste pas moins un moment d\u2019\u00e9coute \u00e0 la fois agr\u00e9able et intriguant. Le format court des morceaux oblige Henry Cow et Slapp Happy \u00e0 aller \u00e0 l\u2019essentiel, mais la richesse de l\u2019instrumentation de ces \u00ab pi\u00e8ces \u00bb, au sens classique du terme, n\u2019en est pas alt\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Orkhestra, label fran\u00e7ais tr\u00e8s actif en mati\u00e8re de musiques nouvelles, r\u00e9\u00e9dite le catalogue d\u2019un des&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1338,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1337"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1337"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1337\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1338"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1337"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1337"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1337"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}