{"id":1333,"date":"2005-03-10T00:00:00","date_gmt":"2005-03-09T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1333"},"modified":"2005-03-10T00:00:00","modified_gmt":"2005-03-09T22:00:00","slug":"1333","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/03\/10\/1333\/","title":{"rendered":"Yo Miles ! &#8211; Upriver"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab D\u00e9j\u00e0 ? \u00bb pourrait-on dire\u2026 et on aurait raison. Moins d\u2019un an apr\u00e8s avoir sorti leur premier disque sous l\u2019\u00e9tendard Cuneiform Records, label qui s\u2019ouvre de plus en plus aux nouvelles formes de jazz, le projet Yo Miles enfante \u00e0 nouveau d\u2019un double album. Le duo \u00e0 la t\u00eate de ce groupe-hommage aux ann\u00e9es \u00e9lectriques de Miles Davis reste le m\u00eame : Henry Kaiser \u00e0 la guitare et le renomm\u00e9 Wadada Leo Smith \u00e0 la trompette. Apr\u00e8s le double studio <i>Sky Garden<\/i> d\u00e9j\u00e0 vu dans nos pages donc, voici <i>Upriver<\/i>, dont l\u2019ambition est de proposer un enregistrement dans des conditions proches de l\u2019\u00e9poque, soit le milieu des ann\u00e9es soixante-dix. Ainsi, le proc\u00e9d\u00e9 DSD a permis de capter chaque souffle des musiciens, lors des prises directes des sessions studio qui composent ce concert sans public. Pour parfaire la clart\u00e9 du son, les deux disques b\u00e9n\u00e9ficient \u00e0 nouveau du standard SACD, qui profitera aux chanceux disposant d\u2019un lecteur compatible. Il ne fait d\u2019ailleurs pas de doute que la production de ce disque se verra r\u00e9compenser par la presse audiophile, comme l\u2019avait \u00e9t\u00e9 <i>Sky Garden<\/i> aux 2004 Surround Music Awards. Oui, \u00e7a existe ! <\/p>\n<p> Production parfaite, c\u2019est acquis. Mais quid de la musique ? Si le disque pr\u00e9c\u00e9dent se focalisait beaucoup sur l\u2019improvisation et revisitait en particulier le somptueux <i>In a Silent Way<\/i>, <i>Upriver<\/i> se focalise plus sur les disques de Davis, en particulier sur <i>On The Corner<\/i>, album de jazz en transe. En revanche, on retrouve des extraits du <i>Live Evil<\/i> du trompettiste sur les deux albums, probablement l\u2019\u0153uvre du ma\u00eetre la plus proche du funk, et celle r\u00e9unissant la plus belle brochette de musiciens : Keith Jarrett, Chick Corea, John McLaughlin et Wayne Shorter. En piochant dans l\u2019ensemble du r\u00e9pertoire sc\u00e8ne et studio des <i>seventies<\/i>, la formation-hommage caresse les fans dans le sens du poil mais, et cela a toujours \u00e9t\u00e9 sa force, sait s\u2019affranchir de son pesant mod\u00e8le. <\/p>\n<p> Et le <i>groove<\/i> est au rendez-vous, plus que sur les autres disques de Yo Miles. L\u2019illustration flagrante de cet apport d\u2019\u00e9nergie et de rythmes se trouve sur \u00ab On The Corner \u00bb, o\u00f9 Zakir Hussain s\u2019av\u00e8re un invit\u00e9 pr\u00e9cieux gr\u00e2ce \u00e0 ses percussions qui enrichissent grandement le titre. De m\u00eame, la guitare en wah-wah de Kaiser sur le rare \u00ab Tatu \u00bb (tir\u00e9 du <i>Live at the Carneggie Hall<\/i>) et le funk d\u00e9velopp\u00e9 sur sa suite \u00ab Agharta Funk \u00bb feraient taper du pied n\u2019importe quel m\u00e9lomane. Ce go\u00fbt du <i>medley<\/i>, et cette approche plus m\u00e9lodique et moins exp\u00e9rimental pour ce troisi\u00e8me disque se retrouvent sur \u00ab Tune in 5\/One Phone Call \u00bb, o\u00f9 Greg Osby et John Tchicai proposent un duo de saxophones explosif. En r\u00e9alit\u00e9, seul \u00ab Macero \u00bb, improvisation collective, est plus difficile d\u2019acc\u00e8s : pour le reste, et malgr\u00e9 des plages de plus de vingt minutes, <i>Upriver<\/i> est le disque le plus accessible de Yo Miles. Terminons par un chapeau bas au Rova Sax Quartet, pour leur interpr\u00e9tation de \u00ab Black Satin \u00bb, qui rappellera un peu le Masada m\u00e9lodique et inspir\u00e9 de John Zorn : une beaut\u00e9 ! <\/p>\n<p> Voici donc une forme d\u2019aboutissement d\u2019une qu\u00eate d\u00e9but\u00e9e il y a trente-cinq ans par Miles et sept ans pour le duo Kaiser\/Smith. L\u2019\u00e9quilibre atteint entre complexit\u00e9 des th\u00e8mes et fluidit\u00e9 de l\u2019ensemble est parfois d\u00e9concertant, et la musique moins r\u00eache que celle du Miles des ann\u00e9es soixante-dix. Un tr\u00e8s grand moment, tout simplement !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab D\u00e9j\u00e0 ? \u00bb pourrait-on dire\u2026 et on aurait raison. 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