{"id":1319,"date":"2005-03-20T00:00:00","date_gmt":"2005-03-19T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1319"},"modified":"2005-03-20T00:00:00","modified_gmt":"2005-03-19T22:00:00","slug":"1319","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/03\/20\/1319\/","title":{"rendered":"Gerard &#8211; Power of Infinity"},"content":{"rendered":"<p>Lenormand ? Manset ? Presgurvic ? Non. Gerard tout court. Qui fait du progressif et non de la vari\u00e9t\u00e9. Japonais, au surplus. Bref, un patronyme trompeur, \u00e0 l\u2019instar de ses compatriotes de Fromage !<\/p>\n<p> Roulant sa bosse depuis plus de vingt ans au pays du Soleil Levant, o\u00f9 le temps semble parfois s\u2019arr\u00eater et o\u00f9 les tourn\u00e9es de Steve Hackett et John Wetton affichent toujours complet, Gerard fait figure de patriarche d\u2019une sc\u00e8ne tr\u00e8s dynamique. Si celle-ci nous a offert quelques perles en mati\u00e8re de jazz barr\u00e9 (Machine and the Synergetic Nuts, Otomo Yoshihide, ou encore <u>Six North<\/u>), c\u2019est \u00e9galement le pays qui h\u00e9berge quelques fous furieux du clavier, comme Ars Nova ou Gerard. Emmen\u00e9 par Toshio EGAWA (Novela, Sheherazade, Earthshaker&#8230;), ce \u00ab power trio \u00bb, pendant masculin de Ars Nova, en est \u00e0 son dixi\u00e8me album officiel. Et, encore une fois, Gerard red\u00e9finit le terme \u00ab pompier \u00bb, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9buter et terminer son morceau introductif par\u2026 une alarme ! <\/p>\n<p> Pour se figurer la musique de Gerard, il faut imaginer un Emerson Lake and Palmer (enfin, surtout Emerson !) encore plus abracadabrant, encha\u00eenant des passages survolt\u00e9s et des envol\u00e9es lyriques d\u00e9licieusement kitsch. Ca y est, le mot est lanc\u00e9, et m\u00eame s\u2019il est connot\u00e9, comment ne pas l\u2019employer \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ses sonorit\u00e9s tr\u00e8s dat\u00e9es et tr\u00e8s synth\u00e9tiques ? A condition de pouvoir \u00ab supporter \u00bb cette avalanche de virtuosit\u00e9 d\u00e9ball\u00e9e et de romantisme larmoyant, ce <i>Power of Infinity<\/i> (quel titre !) ne laissera pas indiff\u00e9rent. Car ce kitsch est finalement assez rare de nos jours, tout comme le fait de trouver des groupes qui osent encore des instrumentaux de plus de dix minutes comme \u00ab Caravan On The Moon \u00bb (et son passage ethnique bienvenu) ou se lancer dans un pav\u00e9 d\u2019un quart d\u2019heure m\u00ealant ELP et n\u00e9o-prog (\u00ab Blue Word \u00bb)<\/p>\n<p> En ce sens, les interventions vocales du chanteur italien Alex Brunori, ancien Leviathan, permettent d\u2019all\u00e9ger cette trame musicale dense, d\u2019autant que le bonhomme s\u2019en sort fort bien, et magnifie un titre comme \u00ab Only The Light \u00bb, certainement la composition la plus \u00e9quilibr\u00e9e du disque avec ses claviers \u00e0 la UK. En fait, la seule vraie faute de go\u00fbt est \u00e0 mettre sur le compte du morceau-titre, o\u00f9 les sonorit\u00e9s de claviers sont \u00e0 la limite du risible (surtout les premi\u00e8res minutes), Gerard se perdant dans des digressions sans jamais attirer l\u2019attention.<\/p>\n<p> Finalement, Gerard est au progressif ce que le rococo est aux arts d\u00e9coratifs : une folie pleine d\u2019extravagance, boursoufl\u00e9e mais rayonnante. Et, tout comme le fait de vivre dans un appartement plein d\u2019ornements color\u00e9s, une \u00e9coute prolong\u00e9e de Gerard risque d\u2019\u00e9c\u0153urer bien vite. Mais sur une envie, \u00e0 condition de ne pas \u00eatre allergique \u00e0 ce que le progressif a fait de plus emphatique, on peut appr\u00e9cier ce disque anachronique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lenormand ? Manset ? Presgurvic ? Non. Gerard tout court. 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