{"id":1311,"date":"2005-05-07T00:00:00","date_gmt":"2005-05-06T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1311"},"modified":"2005-05-07T00:00:00","modified_gmt":"2005-05-06T22:00:00","slug":"1311","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/05\/07\/1311\/","title":{"rendered":"Van der Graaf Generator &#8211; Present"},"content":{"rendered":"<p>Quelle improbable r\u00e9union ! Si les Yes, King Crimson ou Pink Floyd ont eu leur lot de formations \u00e0 tiroirs, de rumeurs de r\u00e9union de l\u2019\u00e9quipe historique, de r\u00e9conciliations puis de d\u00e9parts depuis la fin de l\u2019\u00e2ge d\u2019or des ann\u00e9es soixante-dix, un seul avait jusqu\u2019alors \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la r\u00e8gle. Que l\u2019on ne s\u2019\u00e9tonne pas s\u2019il s\u2019agit de Van Der Graaf Generator ! Vilain petit canard du progressif, formation atypique sans guitariste, jouant punk avant l\u2019heure et ayant eu le courage d\u2019arr\u00eater les frais et de passer \u00e0 autre chose \u00e0 l\u2019or\u00e9e des ann\u00e9es quatre-vingt, Van Der Graaf n\u2019a jamais fait les choses comme les autres.<\/p>\n<p>Il continue ainsi aujourd\u2019hui : peu m\u00e9diatis\u00e9e lors de son officialisation il y a neuf mois, cette r\u00e9union voit le groupe revenir par la grande porte avec ce double album chez Virgin (EMI), la r\u00e9\u00e9dition de tous ses albums, et une tourn\u00e9e dont le nombre de dates augmente chaque jour. Apr\u00e8s une premi\u00e8re tentative sc\u00e9nique en 2003 sur la fin de tourn\u00e9e de Hammill au cours de laquelle VDGG joua le classique <i>Still Life<\/i>, c\u2019est assez fort de la part d\u2019une formation qui avait fait ses adieux d\u00e9finitifs en 1978 !<\/p>\n<p> Partant d\u2019une volont\u00e9 d\u2019innovation sans laquelle une telle reformation n\u2019aurait pas de sens, VDGG a tent\u00e9 un pari difficile : celui de s\u2019isoler dans le studio de Guy Evans pendant une semaine en f\u00e9vrier dernier, pour voir si la magie op\u00e9rait toujours. De ces sessions ressort un double album aux disques bien distincts : six morceaux composant la trame d\u2019un (court) album classique d\u2019une part, longues improvisations instrumentales de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Le premier disque est un vrai bonheur pour les amateurs du VDGG de la premi\u00e8re reformation, celle de <i>Godbluff <\/i> (1975) et <i> Still Life <\/i> (1976). Car si \u00ab Every Bloody Emperor \u00bb surprendra d\u2019entr\u00e9e, par ses sonorit\u00e9s et ses th\u00e8mes tout droit sorties de <i>He to H Who Am the Only One<\/i>, avec un Hammill grandiloquent comme \u00e0 l\u2019\u00e9poque, le reste des trente-sept minutes (h\u00e9 oui, pas plus !) est plus mordant et \u00e9nergique, m\u00eame si cette introduction s\u2019impose d\u00e9j\u00e0 comme un classique\u2026 du futur, pour paraphraser un label bien connu ! V\u00e9ritable chef d\u2019\u0153uvre de <i>Present<\/i>, \u00ab Nutter Alert \u00bb met le frisson d\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9coute, avec un David Jackson compl\u00e8tement habit\u00e9 au saxophone, qui pose de d\u00e9chirantes m\u00e9lodies sur les plages d\u2019orgues si ch\u00e8res \u00e0 Hugh Banton. Le reste du disque demeure de tr\u00e8s haute tenue, avec le barr\u00e9 et dissonant \u00ab Abandon Ship ! \u00bb, et un final o\u00f9 quelques pointes de jazz \u00e9l\u00e9gantes ponctuent les accents m\u00e9lancoliques de Hammill : un sans-faute donc, qui surprend tant il est proche (et digne) de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs ! <\/p>\n<p> Sur le second disque, la d\u00e9marche s\u2019approche plut\u00f4t de celle de King Crimson, dans cette musique bouillonnante, en prise directe mais plus accessible que celle que Fripp &#038; Co sur <i>Thrakattak<\/i> par exemple. Entre Ornette Coleman et le VDGG <i>live<\/i> des ann\u00e9es soixante-dix,  les dix improvisations restent en effet tr\u00e8s structur\u00e9e, comme le solide \u00ab Double Bass \u00bb, possible partie d\u2019un morceau \u00e9pique de VDGG de la grande \u00e9poque avec un festival sign\u00e9 Banton \u00e0 la basse et aux claviers, ou les magnifiques \u00ab Slo Moves \u00bb et \u00ab Crux \u00bb, morceaux \u00e9th\u00e9r\u00e9s et tr\u00e8s m\u00e9lodiques sur lesquels Jackson fait merveille.<br \/>Muet sur ce deuxi\u00e8me disque, Hammill empoigne sa guitare et martyrise son piano, pour contribuer \u00e0 l\u2019ensemble, comme sur le puissant \u00ab Architectural Hair \u00bb. L\u2019aspect brut de d\u00e9coffrage donne l\u2019impression \u00ab d\u2019\u00eatre dans le studio avec VDGG \u00bb, pour reprendre l\u2019expression de Guy Evans, mais il para\u00eet \u00e9vident qu\u2019il ne s\u2019agit pas de \u00ab premi\u00e8res prises \u00bb tant grande se montre la coh\u00e9rence. <\/p>\n<p> Pur bonheur que d\u2019entendre \u00e0 nouveau ces quatre quinquag\u00e9naires ensemble, et de constater qu\u2019apr\u00e8s trois d\u00e9cennies et une attaque cardiaque pour Hammill, le talent est toujours l\u00e0, palpitant ! Et apr\u00e8s une tourn\u00e9e 2005 d\u00e9j\u00e0 pleines de promesses &#8211; que Progressia couvrira &#8211; un nouvel album devrait \u00eatre enregistrer, pour rattraper vingt-huit trop longues ann\u00e9es de silence.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle improbable r\u00e9union ! Si les Yes, King Crimson ou Pink Floyd ont eu leur&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1312,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1311"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1311"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1311\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1312"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1311"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1311"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1311"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}