{"id":1253,"date":"2005-11-04T00:00:00","date_gmt":"2005-11-03T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1253"},"modified":"2005-11-04T00:00:00","modified_gmt":"2005-11-03T22:00:00","slug":"1253","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/11\/04\/1253\/","title":{"rendered":"Sun Ra &#8211; Heliocentric Worlds Vol. 3 \u2013 T"},"content":{"rendered":"<p>Cet album bat un record. Celui du disque le plus ancien jamais chroniqu\u00e9 par notre site, une performance qu\u2019aucun artiste entrant d\u2019ordinaire dans notre domaine de comp\u00e9tence ne devrait parvenir \u00e0 \u00e9galer puisque ces <i>Heliocentric Worlds<\/i> datent de\u2026 1965 ! Une \u00e9poque o\u00f9 le mot \u00ab progressif \u00bb n\u2019existait pas, mais o\u00f9 la recherche musicale rev\u00eatait un autre nom : le free jazz ! Au sein de ce mouvement, Sun Ra d\u00e9frayait d\u00e9j\u00e0 la chronique : artiste illumin\u00e9, jouant pour Dieu et inspir\u00e9 de l\u2019Egypte ancienne. On ne conna\u00eet que peu de choses de sa vie, sinon qu\u2019il a commenc\u00e9 \u00e0 jouer de la musique sur un clavier de son invention, pr\u00e9figurant ainsi la musique \u00e9lectronique, puis s\u2019est attel\u00e9, au sein du collectif Arkhestra, \u00e0 faire avancer le jazz.<\/p>\n<p> C\u2019est au cours de cette fameuse ann\u00e9e 1965 que Sun Ra joua avec son orchestre un nombre incalculable d\u2019improvisations, dont certaines furent enregistr\u00e9es. De ces sessions sortirent les deux premiers volumes des <i>Heliocentric Worlds<\/i> chez EPK : le premier tr\u00e8s dynamique, le second beaucoup plus \u00e9th\u00e9r\u00e9. Comme son sous-titre l\u2019indique, ce troisi\u00e8me volume a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 il y a peu et augmente donc les r\u00e9\u00e9ditions dont on fait l\u2019objet ses deux pr\u00e9d\u00e9cesseurs. On y retrouve le pianiste toujours \u00e9paul\u00e9 par son groupe de base : John Gilmore (saxophone t\u00e9nor), Marshall Allen (saxophone alto), Pat Patrick (saxophone baryton) et Ronny Boykins (batterie), ainsi que quelques invit\u00e9s.<br \/> Les morceaux, bien que tir\u00e9s des sessions du Volume 2, s\u2019en distinguent nettement de par l\u2019\u00e9nergie qu\u2019ils d\u00e9gagent, de sorte que les trente-six br\u00e8ves minutes qui le compose suffisent \u00e0 satisfaire : une dur\u00e9e sup\u00e9rieure aurait sans aucun doute achev\u00e9 plus d\u2019un auditeur. D\u2019ailleurs, le premier (et plus long titre) du disque sera difficile \u00e0 supporter pour bien des oreilles : on est souvent \u00e0 la limite de la s\u00e9ance d\u2019accordage et de la cacophonie (sax strident, Sun Ra qui s\u2019\u00e9chauffe les doigts \u00e0 toute vitesse en fond sonore\u2026) et il faut attendre la dixi\u00e8me minute pour voir la batterie sonner le rappel et offrir un semblant de trame \u00e0 l\u2019ensemble !<br \/> Les titres suivants offrent heureusement plus de rep\u00e8res : rythmiques faites de percussions (dont un bongo d\u00e9saccord\u00e9 tapot\u00e9 par Ra) et de contrebasse discr\u00e8te sur \u00ab Mythology Metamorphosis \u00bb, ou un charley (enfin) en place pour mettre en valeur les arp\u00e8ges de piano \u00e9lectrique de Sun Ra (\u00ab Heliocentric Worlds \u00bb). Apr\u00e8s une premi\u00e8re incursion dans un monde sonore d\u00e9boussolant, les harmonies tr\u00e8s recherch\u00e9es \u00e0 la fl\u00fbte et aux cuivres font plaisir \u00e0 entendre, et c\u2019est dans ces moments que l\u2019Arkhestra devient accessible au commun des mortels et que ses fac\u00e9ties s\u2019appr\u00e9cient le mieux, \u00e0 la mani\u00e8re des \u00e9ruptions contr\u00f4l\u00e9es de tout l\u2019orchestre sur \u00ab Interplanetary Travelers \u00bb, dignes d\u2019un Coltrane.<\/p>\n<p> Parfois abscons, en tout cas abstrait et un peu fou, \u00e0 l\u2019image de son auteur, ce disque n\u2019est r\u00e9serv\u00e9 qu\u2019\u00e0 un public restreint de connaisseurs.<br \/> Totalement in\u00e9dite et improbable, cette musique offre des perspectives nouvelles, m\u00eame \u00e9cout\u00e9e quarante ans apr\u00e8s. La question reste de savoir qui sera assez insens\u00e9 pour continuer cet h\u00e9ritage et vers quels mondes sonores cette musique se dirigera\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet album bat un record. 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