{"id":1241,"date":"2005-11-26T00:00:00","date_gmt":"2005-11-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1241"},"modified":"2005-11-26T00:00:00","modified_gmt":"2005-11-25T22:00:00","slug":"1241","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/11\/26\/1241\/","title":{"rendered":"Sir Millard Mulch &#8211; How To Sell The Whole F#@!ing"},"content":{"rendered":"<p>Artiste polyvalent, voire polymorphe, gravement atteint, Sir Millard Mulch est un musicien am\u00e9ricain touche \u00e0 tout : intervieweur, sociologue, meneur d\u2019une secte d\u2019admirateurs, compositeur de musiques de jeux vid\u00e9os sur Atari ST et surtout\u2026 v\u00e9ritable fumiste ! Son site est un v\u00e9ritable bazar o\u00f9 se croisent blagues potaches, philosophie underground et guest-stars de luxe. Apr\u00e8s un premier album vendu sur le site de Steve Vai, Mulch d\u00e9cide de passer la seconde avec un \u00ab&nbsp;Triple CD&nbsp;\u00bb, son \u00ab&nbsp;Magnus Opus&nbsp;\u00bb sur la v\u00e9nalit\u00e9 et le consum\u00e9risme de notre soci\u00e9t\u00e9. \u00ab&nbsp;Triple&nbsp;\u00bb entre guillemets, puisque, premi\u00e8re surprise \u00e0 l\u2019ouverture du bo\u00eetier, l\u2019emplacement du troisi\u00e8me disque est vide. On croit \u00e0 une erreur, jusqu\u2019\u00e0 lire ce qui est inscrit sur l\u2019emplacement : <i>CD3 : Transmutation \u2013 Journey To The Underworld of Buyer\u2019s Remorse<\/i>. Et de se rendre compte que c\u2019est une rondelle de plastique qui tient bel et bien dans l\u2019emplacement, mais invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu, ce qui prouve bien que son titre est m\u00e9rit\u00e9 ! Une illustration de la finesse et de la perversit\u00e9 du bonhomme ! <\/p>\n<p> Mais que vaut l\u2019album musicalement ? Imaginez un m\u00e9lange du rock am\u00e9ricain plein de testost\u00e9rone (et un peu simplet) d\u2019un Offspring, sur fond de \u00ab&nbsp;Ants&nbsp;\u00bb de Devin Townsend, et vous aurez peut \u00eatre une id\u00e9e de ce double CD. Ultra-technique sur le plan instrumental, avec une rythmique ac\u00e9r\u00e9e qui rappelle un peu Spactic Ink, la musique se couple de voix d\u00e9lirantes, entre Beavis &#038; Butthead (un interlude sur les p\u00e9dales de distorsion tellement techniques qu\u2019elles s\u2019adressent \u00e0 des ing\u00e9nieurs), Spock\u2019s Beard pour les tentatives de canons, Homer Simpson et Cannibal Corpse (Paul Mazurkiewicz fait quelques <i>growls<\/i> en invit\u00e9). Le nombre de participants qui pars\u00e8ment ces deux heures de folie impressionne, m\u00eame s\u2019il n\u2019existe aucune indication pour savoir qui fait quoi et quand : Virgil Donati, Devin Townsend, Morgan Agren, Nick D\u2019Virgilio et Dave Meros pour la partie progressive, et Mark Critchlev (Nomeansno) ou Robin Eckman (Good Charlotte) pour la partie hardcore am\u00e9ricain. <\/p>\n<p> Autant le dire tout de suite, il existe deux conditions <i>sine qua non<\/i> pour appr\u00e9cier le disque : une \u00e9norme tol\u00e9rance aux d\u00e9lires musicaux les plus vari\u00e9s et un bon niveau d\u2019anglais. Pour ce qui est du premier pr\u00e9requis, seuls les amateurs des bizarreries \u00e0 la Mr Bungle ou \u00e0 la Zappa supporteront cette avalanche (Trey Spruance est d\u2019ailleurs le patron du label h\u00e9bergeant l\u2019OVNI), \u00e0 l\u2019image de \u00ab&nbsp;Hemisphere III&nbsp;\u00bb, pav\u00e9 de vingt minutes m\u00ealant mur du son \u00e0 la Townsend (ce dernier doit s\u00fbrement intervenir ici), jazz rock alambiqu\u00e9 et passages FM grandiloquents avec une magnifique voix de castrat. Pour le reste, les 74 plages de l\u2019album alternent les d\u00e9lires, avec des parodies de country version Guns N\u2019Roses, grind-core, sucreries au piano et techno-trance \u00e0 deux francs. Quant aux passages narr\u00e9s et aux paroles, ils ont pour fils conducteurs la vie d\u2019un commercial et les affres d\u2019un artiste. Nous avons droit \u00e0 des interludes dignes de Tom Cruise dans <i>Magnolia<\/i> ou \u00e0 des s\u00e9ances de formation pour nos amis \u00e0 chemises \u00e0 manches courtes, version <i>Full Metal Jacket<\/i>, sans compter une magnifique \u00ab&nbsp;pop song&nbsp;\u00bb \u00e0 la gloire du \u00ab&nbsp;meilleur m\u00e9tier du monde&nbsp;\u00bb, assortie d\u2019une s\u00e9rie de conseils pour quitter son m\u00e9tier alimentaire et devenir un  \u00ab&nbsp;v\u00e9ritable artiste&nbsp;\u00bb ! Passons \u00e9galement sur un conseil Jedi mouvement\u00e9 et un enterrement hyst\u00e9rique ! Deux cent pages de livret (disponible s\u00e9par\u00e9ment) doivent permettre de suivre un peu mieux ce tourbillon de d\u00e9bilit\u00e9s, ayant pour but de d\u00e9montrer l\u2019absurdit\u00e9 de notre mode de vie contemporain. <\/p>\n<p> La force de Mulch titille l\u2019imagination de l\u2019auditeur et le capture dans son \u00e9norme d\u00e9lire : impossible de faire autre chose pendant l\u2019\u00e9coute de ces deux disques. Mais l\u2019aspect franchement usant du concept laisse perplexe quant \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre, m\u00eame si les refrains stupides restent en t\u00eate et que certains passages relancent l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019ensemble. <i>How To Sell The Whole F#@!ing Universe To Everybody&#8230; Once and for All !<\/i> (ouf!) reste un tour de force, \u00e0 r\u00e9server aux plus courageux, n\u00e9anmoins !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Artiste polyvalent, voire polymorphe, gravement atteint, Sir Millard Mulch est un musicien am\u00e9ricain touche \u00e0&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1242,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1241"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1241"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1241\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1242"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}