{"id":1239,"date":"2005-12-12T00:00:00","date_gmt":"2005-12-11T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1239"},"modified":"2005-12-12T00:00:00","modified_gmt":"2005-12-11T22:00:00","slug":"1239","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/12\/12\/1239\/","title":{"rendered":"Yes &#8211; Relayer"},"content":{"rendered":"<p>Nous sommes en 1974 et les trois derni\u00e8res ann\u00e9es qui se sont \u00e9coul\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 des ann\u00e9es fastes pour Yes : reconnaissance internationale avec <i>Fragile<\/i> puis avec le classique <i>Close To The Edge<\/i>. Le d\u00e9part de Bill Bruford pour King Crimson et une certaine incompr\u00e9hension des fans du groupe apr\u00e8s la sortie du double <i>Tales from the Topographic Oceans<\/i> commence \u00e0 semer le doute sur la capacit\u00e9 du groupe \u00e0 sortir du carcan qu\u2019il a lui-m\u00eame cr\u00e9\u00e9 : les grandes chansons \u00e9piques, un peu na\u00efves. C\u2019est dans ce contexte que le clavi\u00e9riste Rick Wakeman d\u00e9cide de faire ses valises, une d\u00e9cision qu\u2019il sera amen\u00e9 \u00e0 reprendre de nombreuses fois par la suite! Yes d\u00e9cide d\u2019engager le Suisse Patrick Moraz dans l\u2019aventure, un clavi\u00e9riste de formation plus jazz que classique, au son plus neuf que celui de Wakeman, qui s\u2019acharne \u00e0 employer orgues et clavecin. <\/p>\n<p> De cette union naquit <i>Relayer<\/i>, un disque on ne peut plus \u00e0 part dans la discographie de Yes, une sorte d\u2019OVNI qui semble aujourd\u2019hui encore \u00e9tonner jusqu\u2019\u00e0 ses concepteurs. Compos\u00e9 uniquement de trois titres, ce disque incroyablement technique et foisonnant est en quelque sorte le paroxysme \u2013 mais pas forc\u00e9ment le summum \u2013 du groupe en mati\u00e8re d\u2019inventivit\u00e9 et de composition de morceaux \u00e9piques. Apr\u00e8s lui, le groupe cherchera d\u2019autres voies et un autre style. <\/p>\n<p> \u00abThe Gates of Delirium\u00bb est le premier morceau du disque, pav\u00e9 de 22 minutes sans compromission. Le groupe n\u2019a visiblement pas le temps de prendre l\u2019auditeur par la main pour d\u00e9buter en douceur, comme il est pourtant de coutume de faire pour une composition d\u2019une telle dur\u00e9e. Non, il pr\u00e9f\u00e8re le prendre par la gorge pendant 5 minutes de d\u00e9lires techniques pendant lesquelles Howe encha\u00eene les soli sans interruption avec un son tr\u00e8s agressif, suivi en cela par Patrick Moraz, dont le style hyper d\u00e9monstratif et dissonant tranche avec les grandes plages de mellotron classicisant de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. La section rythmique n\u2019est pas en reste avec un Alan White pas forc\u00e9ment \u00e0 son aise d\u2019ailleurs. L\u2019exercice aurait plut\u00f4t convenu \u00e0 un batteur plus jazzy comme Bruford. Le groupe se calme enfin pour laisser \u00e0 Anderson le temps d\u2019en placer une, et le titre prend des allures plus raisonnables, pour s\u2019apaiser enfin \u00e0 mi-parcours. Sa conclusion est un des moments les plus magiques de Yes, \u00abOh Soon the Light\u00bb. Anderson n\u2019a jamais aussi bien chant\u00e9, accompagn\u00e9 par un Steve Howe en apesanteur et un Moraz enfin apais\u00e9. Un tr\u00e8s grand moment qui a \u00e9t\u00e9 reproduit lors de la tourn\u00e9e symphonique de 2001. <\/p>\n<p> \u00abSoundchaser\u00bb est un morceau de m\u00eame facture, hyper rythm\u00e9, avec des harmonies \u00e0 la limite de la dissonance, et toujours des id\u00e9es qui s\u2019encha\u00eenent \u00e0 toute allure. Ici, c\u2019est pendant 10 minutes sans interruption que le groupe d\u00e9ploie toute son \u00e9nergie, et, aujourd\u2019hui encore, on reste frapp\u00e9 de la p\u00eache incroyable de ce morceau, bien plus que ce le groupe a pu faire avant ou apr\u00e8s <i>Relayer<\/i>. \u00abTo Be Over\u00bb calme enfin le jeu avec un tempo raisonnable et un Jon Anderson qui peut enfin se laisser aller \u00e0 son lyrisme habituel. Le jeu de Moraz reste tr\u00e8s int\u00e9ressant, utilisant plus de nappes et permettant \u00e0 Chris Squire de d\u00e9velopper de multiples atmosph\u00e8res. <\/p>\n<p> Un disque \u00e0 part donc, \u00e0 d\u00e9conseiller aux cardiaques et \u00e0 ceux qui souhaitent d\u00e9couvrir le groupe. Les plus aventureux d\u00e9couvriront une page m\u00e9connue du groupe, une courte p\u00e9riode qui m\u00e9rite bien plus de reconnaissance.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous sommes en 1974 et les trois derni\u00e8res ann\u00e9es qui se sont \u00e9coul\u00e9es ont \u00e9t\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1240,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1239"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1239"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1239\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1240"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}