{"id":1237,"date":"2005-12-26T00:00:00","date_gmt":"2005-12-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1237"},"modified":"2005-12-26T00:00:00","modified_gmt":"2005-12-25T22:00:00","slug":"1237","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/12\/26\/1237\/","title":{"rendered":"Drahk Von Trip &#8211; Heart &#038; Consequence"},"content":{"rendered":"<p>Il faut toujours une surprise de fin d\u2019ann\u00e9e. Une d\u00e9couverte musicale inattendue sortie de nulle part et qui porte un coup \u00e0 vos id\u00e9es d\u00e9j\u00e0 bien arr\u00eat\u00e9es en termes de classement personnel et autres bilans musicaux dress\u00e9s entre deux tranches de foie gras. En 2005, c\u2019est Drahk Von Trip qui s\u2019y colle, et ce malgr\u00e9 sa pochette tir\u00e9e d\u2019un mauvais \u00e9pisode de <i>Ma Sorci\u00e8re Bien-Aim\u00e9e<\/i>. <\/p>\n<p> Pourtant, tout commen\u00e7ait en douceur, sans bouleverser les clich\u00e9s : \u00ab\u00a0Drahk Von Trip, jeune groupe venu du froid, Malm\u00f6 (Su\u00e8de) plus pr\u00e9cis\u00e9ment, emmen\u00e9 par une chanteuse d\u00e9pressive et inspir\u00e9 par les ann\u00e9es 70\u00a0\u00bb. Toute ressemblance avec les Paatos, White Willow ou The Provenance s\u2019arr\u00eate (presque) l\u00e0 car DVT est sign\u00e9 sur Transubstans Records, une division ax\u00e9e \u00ab\u00a0rock psych\u00e9d\u00e9lique\u00a0\u00bb du label Record Heaven, sur lequel les derniers amateurs de Jefferson Airplane ou Hawkwind maintiennent en vie un genre en d\u00e9sh\u00e9rence.<br \/>De ce go\u00fbt pour l\u2019acid-rock, DVT a gard\u00e9 l\u2019esprit d\u2019improvisation, les petits d\u00e9lires au sein des chansons et les influences un peu <i>world music<\/i>\u2026 pour les tremper dans un bain de musiques progressives plus proche de notre ligne \u00e9ditoriale. Un m\u00e9lange tout \u00e0 fait in\u00e9dit et frais, qui apporte une touche de couleur dans le sombre d\u00e9sespoir des manieurs de mellotron scandinaves. <\/p>\n<p> <i>Heart &#038; Consequence<\/i> est donc le premier album de cette formation, au sein de laquelle la chanteuse Susann se distingue. Son timbre rageur \u00e9voque en effet davantage PJ Harvey et Bjork que les sonorit\u00e9s ouat\u00e9es de ses consoeurs Emma Hellstr\u00f6m ou Petronella Nettermalm. Susann chante du rock et cela s\u2019entend, comme sur \u00ab\u00a0Anger\u00a0\u00bb, digne des plus furieuses diatribes de l\u2019auteur de <i>To Bring You My Love<\/i>. Mais elle sait aussi bercer le tympan, comme sur \u00ab\u00a0I Want To Tell You\u00a0\u00bb, complainte mi-prog mi-jazz absolument splendide.<br \/>Musicalement, DVT est tout aussi polymorphe et le fait que la plupart des compositions aient \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es en deux jours, sur fond d\u2019improvisation, se sent parfois : instrumental barr\u00e9 inspir\u00e9 par Gong (\u00ab\u00a0Daddy\u2019s Dead\u00a0\u00bb), morceaux en deux parties avec des vocaux ne d\u00e9butant qu&rsquo;au milieu de la seconde (\u00ab\u00a0R.A.M.M.\u00a0\u00bb et \u00abIn A World of Trouble\u00a0\u00bb), tout ceci n\u2019est pas simple \u00e0 suivre. Les inspirations sont elles aussi vari\u00e9es, entre le progressif des ann\u00e9es 70 pur jus (\u00ab\u00a0Autumn\u00a0\u00bb, sonnant comme une composition de Bill Bruford de l\u2019\u00e9poque, ressortie d&rsquo;un tiroir), \u00ab\u00a0space rock\u00a0\u00bb, avec une basse sursatur\u00e9e du meilleur effet, et passages \u00ab\u00a0world\u00a0\u00bb r\u00e9ussis (percussions, fl\u00fbtes et chant oriental). Autant dire qu\u2019on ne s\u2019ennuie pas avec les tempi parfois rapides mais toujours pleins de finesse de Goran, \u00e0 la batterie, et les solos d\u00e9cha\u00een\u00e9s de Mats et Micke \u00e0 la guitare (le final \u00e9pique de \u00ab\u00a0In a World of Trouble\u00a0\u00bb et les multiples encha\u00eenements de \u00ab\u00a0One of a Kind\u00a0\u00bb). Cependant, la tendance n\u2019est pas \u00e0 la joie et l\u2019ensemble, aussi dynamique soit-il, est port\u00e9 par une ambiance mi-sombre mi-hallucin\u00e9e des plus singuli\u00e8res.<\/p>\n<p> Voici donc un premier album assez surprenant de maturit\u00e9 et de personnalit\u00e9, souvent insaisissable : une premi\u00e8re \u00e9coute risque de laisser penser qu\u2019il est monolithique et difforme, mais il est probable que les amateurs de progressif su\u00e9dois et de rock psych\u00e9d\u00e9lique se laissent prendre dans les toiles tiss\u00e9es par le sextet.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il faut toujours une surprise de fin d\u2019ann\u00e9e. 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