{"id":1223,"date":"2006-01-22T00:00:00","date_gmt":"2006-01-21T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1223"},"modified":"2006-01-22T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-21T22:00:00","slug":"1223","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/01\/22\/1223\/","title":{"rendered":"S.U.P &#8211; Imago"},"content":{"rendered":"<p>S.U.P. ou les \u00e9ternels incompris. D\u00e9butant leur carri\u00e8re sous le nom de Supuration, les Fran\u00e7ais, emmen\u00e9s par les fr\u00e8res Loez, faisaient du n\u00e9o-metal en 1992, avec leur death metal bizarrement lent et aux guitares trop graves. Puis, entre 1995 et 1997, le groupe, devenu S.U.P. (pour Spherical Unit Provided) combine son metal avec des ambiances new wave, sacril\u00e8ge ultime en pleine p\u00e9riode post grunge. Et pourtant, les \u00ab&nbsp;tendances&nbsp;\u00bb musicales ont donn\u00e9 raison \u00e0 SUP et prouv\u00e9 la modernit\u00e9 de ce dernier, toujours en avance d&rsquo;environ 3-4 ans sur son temps. Une avance qui lui a co\u00fbt\u00e9 en partie son succ\u00e8s, m\u00eame s&rsquo;il reste l&rsquo;un des groupes de l&rsquo;Hexagone ayant la c\u00f4te la plus \u00e9lev\u00e9e en dehors de nos fronti\u00e8res. <\/p>\n<p> Apr\u00e8s quelques p\u00e9r\u00e9grinations sous son ancien et peu am\u00e8ne nom (pour la ressortie de <i>90-92<\/i>, <i>Incubation<\/i> et <i>The Cube<\/i>), S.U.P. revient pour donner une suite \u00e0 <i>Angelus<\/i>, son petit dernier, un peu en de\u00e7\u00e0 des \u0153uvres pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p> Friand de concepts depuis ses d\u00e9buts, SUP ne d\u00e9roge pas \u00e0 la r\u00e8gle et propose une histoire futuriste, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la jeune g\u00e9n\u00e9ration est sous l&#8217;emprise d\u2019une drogue, la \u00ab&nbsp;Chrysalide&nbsp;\u00bb. S&rsquo;ensuit quelques tourments psychologiques des plus d\u00e9sagr\u00e9ables, l&rsquo;occasion de faire des constats d\u00e9sabus\u00e9s sur la vie moderne. Un concept tout \u00e0 fait dans l&rsquo;esprit d\u00e9sincarn\u00e9 et sombre du groupe. <\/p>\n<p> Musicalement, c&rsquo;est avec plaisir que l&rsquo;on retrouve une musique plus d\u00e9li\u00e9e, plus a\u00e9rienne que celle d&rsquo;<i>Angelus<\/i>. Certes, les voix death sont encore pr\u00e9sentes, mais mix\u00e9es en retrait, presque comme une troisi\u00e8me guitare satur\u00e9e en fond sonore. Notons n\u00e9anmoins que quelques titres (\u00ab&nbsp;Nothing I Control&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Insect Drug&nbsp;\u00bb) font la part belle \u00e0 ce type de \u00ab&nbsp;vocalises&nbsp;\u00bb qui rebuteront certains. Pour le reste, ce n&rsquo;est que voix ang\u00e9liques et hauts perch\u00e9es, presque \u00e0 la Tears for Fears, dont S.U.P. avait repris l&rsquo;hymne \u00ab&nbsp;Shout&nbsp;\u00bb, ou \u00e0 la Depeche Mode. D&rsquo;un point de vue instrumental, les guitares ultra-lourdes s&rsquo;entrem\u00ealent avec des petits riffs m\u00e9lodiques ou stridents, la marque de fabrique du groupe: \u00ab&nbsp;Desolation&nbsp;\u00bb est un bonheur de riffs efficaces et de rythmiques carr\u00e9es. Petite nouveaut\u00e9 dans le son S.U.P., l\u2019apport des claviers qui viennent magnifier les titres de fort belle mani\u00e8re, comme sur \u00ab&nbsp;Hybrid State&nbsp;\u00bb, un des meilleurs morceaux compos\u00e9s par les Fran\u00e7ais. On retrouve ainsi des sonorit\u00e9s de cordes (\u00ab&nbsp;Apprehension&nbsp;\u00bb), voire des m\u00e9lodies d\u00e9structur\u00e9es au piano en contrepoint \u00e0 la lourdeur des guitares (\u00ab&nbsp;Sublimation&nbsp;\u00bb). Le morceau titre cl\u00f4ture l&rsquo;album de la plus superbe et m\u00e9lodramatiques des mani\u00e8res, et constitue l\u2019un des rares instrumentaux compos\u00e9s par le groupe. <\/p>\n<p>     Dans la veine de <i>Room 7<\/i> avec des tempos plus lents et d&rsquo;<i>Anomaly<\/i> dans un genre moins m\u00e9lodique, <i>Imago<\/i> n&rsquo;est pourtant pas le disque phare de la discographie de S.U.P., la faute \u00e0 un petit manque de m\u00e9lodies et refrains imm\u00e9diats et \u00e0 une approche un peu trop unidirectionnelle de sa musique (\u00ab&nbsp;The Deformed Army&nbsp;\u00bb est par exemple trop redondante). N\u00e9anmoins, il figure de belle mani\u00e8re dans celle-ci, annon\u00e7ant un retour en forme des fran\u00e7ais qui, on l\u2019esp\u00e8re, d\u00e9passeront un jour le ma\u00eetre \u00e9talon de leur art, le sublime et glacial <i>Anomaly<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S.U.P. ou les \u00e9ternels incompris. 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