{"id":1213,"date":"2006-03-10T00:00:00","date_gmt":"2006-03-09T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1213"},"modified":"2006-03-10T00:00:00","modified_gmt":"2006-03-09T22:00:00","slug":"1213","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/03\/10\/1213\/","title":{"rendered":"The Gathering &#8211; Home"},"content":{"rendered":"<p>Alors que The Gathering a monopolis\u00e9 l&rsquo;attention avec de nombreuses sorties en un an et demi (DVD, album semi acoustique, double album d&rsquo;in\u00e9dits, r\u00e9\u00e9dition de <i>Mandylion<\/i>!), on en oublierait presque que trois ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis la derni\u00e8re moisson de nouvelles compositions du groupe n\u00e9erlandais. Trois ans pour accoucher de <i>Home<\/i> (et d&rsquo;un petit Finn, pour la chanteuse Anneke!). Et quel album difficile \u00e0 appr\u00e9hender nous ont-ils livr\u00e9\u2026 .<\/p>\n<p> On avait quitt\u00e9 le groupe avec <i>Souvenirs<\/i>, premier essai sur leur propre label, un symbole pour un groupe qui sait se remettre en cause. Car par deux fois, The Gathering aurait pu sombrer dans la facilit\u00e9. Apr\u00e8s <i>Nightime Birds<\/i> (1997), il aurait pu continuer \u00e0 \u00e9grener les morceaux gothiques metal de bon aloi, mais a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se remettre en question avec un double album complexe et moderne, l&rsquo;immense <i>How To Measure A Planet?<\/i> (1998). Apr\u00e8s <i>If Then Else<\/i> (2000), il aurait pu continuer chez Century Media et proposer une pop metal efficace, mais a fond\u00e9 sa maison de disques pour r\u00e9aliser <i>Souvenirs<\/i> (2003), un disque aux sonorit\u00e9s \u00e9lectroniques et bigarr\u00e9es. Un cheminement sans concession pour une formation qui aurait pu c\u00e9der si ais\u00e9ment  \u00e0 la tentation de capitaliser sur la voix tout simplement sans \u00e9gale d&rsquo;Anneke Van Giersbergen. Un cheminement qui aboutit au bien nomm\u00e9&#8230; <i>Home<\/i>, encore un symbole!<\/p>\n<p> C&rsquo;est une certitude, ce nouveau disque m\u00e9rite plus d&rsquo;une \u00e9coute avant d&rsquo;\u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 correctement. Car il s\u00e8me le trouble \u00e0 force de multiplier de mani\u00e8re contradictoire les r\u00e9f\u00e9rences au pass\u00e9 et les audaces nouvelles. En r\u00e9alit\u00e9, la cl\u00e9 est donn\u00e9e par la m\u00eame Anneke, dans une interview \u00e0 para\u00eetre dans nos pages: cet album est tout simplement coup\u00e9 en deux, \u00e0 peu pr\u00e8s au niveau de \u00ab&nbsp;Forgotten&nbsp;\u00bb. Ainsi, la premi\u00e8re partie est un vrai \u00ab&nbsp;retour vers le futur&nbsp;\u00bb. Encha\u00eenant les morceaux ax\u00e9s sur la guitare de Ren\u00e9 Rutten, fonci\u00e8rement rock, et avec un chant plus pouss\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;accoutum\u00e9, l&rsquo;auditeur risque de voir en <i>Home<\/i> un successeur post moderne de <i>Nightime Birds<\/i> (relents new wave sur \u00ab&nbsp;Shortest Day&nbsp;\u00bb, riffs \u00e9pais et chant m\u00e9lodramatique de \u00ab&nbsp;A Noise Severe&nbsp;\u00bb). \u00ab&nbsp;Waking Hour&nbsp;\u00bb, un des grands moments du disque, est une belle illustration de la facilit\u00e9 des N\u00e9erlandais \u00e0 passer du refrain \u00e9pique (qui n&rsquo;aurait pas d\u00e9pareill\u00e9 sur <i>Mandylion<\/i>) aux ambiances intimistes piano\/voix. N\u00e9anmoins, en contrepoint \u00e0 ces compositions ancr\u00e9es dans un glorieux pass\u00e9, la production souvent aventureuse d&rsquo;Attie Bauw met en perspective les morceaux, en enlevant les sonorit\u00e9s de six cordes les plus typ\u00e9es metal, au profit de touches \u00e9lectroniques bien plus <i>hype<\/i>. \u00ab&nbsp;Alone&nbsp;\u00bb, single assez direct, se voit ainsi par\u00e9 d\u2019une couche non n\u00e9gligeable d\u2019effets qui lui enl\u00e8ve son aspect convenu. <\/p>\n<p> La seconde partie voit The Gathering d\u00e9fricher les terres du post rock ou du trip hop (\u00ab&nbsp;Box&nbsp;\u00bb), des formes d&rsquo;expression musicale assez nouvelles pour le groupe, mais pas \u00e9loign\u00e9es de sa tendance naturelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9th\u00e9r\u00e9. Ainsi \u00ab&nbsp;Forgotten&nbsp;\u00bb et surtout sa reprise finale sonnent comme un hommage aux pr\u00e9curseurs du genre, les g\u00e9niaux Talk Talk, p\u00e9riode <i>Spirit of Eden<\/i>: voix murmur\u00e9es, m\u00e9lodies en \u00e9chos et ambiance minimaliste. Frank Boeijen n&rsquo;y est sans doute pas pour rien, lui qui, avec ses claviers, apporte tant au son du groupe. Des atmosph\u00e8res qu&rsquo;on retrouve sur \u00ab&nbsp;The Quiet One&nbsp;\u00bb, bande originale de film \u00e9vocatrice et enti\u00e8rement instrumentale (avec des vocalises de Anneke) ou le doux-amer \u00ab&nbsp;Home&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p> Au final, on ne peut revenir qu&rsquo;\u00e0 notre premier constat: un disque difficile \u00e0 juger\u2026 . On pourrait dire que le groupe a compos\u00e9 deux mini-albums sans r\u00e9el lien commun, le reproche d&rsquo;une certaine h\u00e9sitation dans la ligne artistique \u00e0 suivre n&rsquo;\u00e9tant alors pas loin. On pourrait aussi penser, et c&rsquo;est notre cas, que <i>Home<\/i> n&rsquo;est ni plus ni moins que la synth\u00e8se d&rsquo;une d\u00e9cennie d&rsquo;exploration musicale et que le fait d&rsquo;avoir rassembler chaque facette s\u00e9par\u00e9ment permet de mieux appr\u00e9cier chacune d&rsquo;elle, m\u00eame si la d\u00e9marche est franchement d\u00e9stabilisante. Une chose est certaine, la qualit\u00e9 continue de l&rsquo;album est ind\u00e9niable, avec une ambiance g\u00e9n\u00e9rale sombre, comme rarement concoct\u00e9e par The Gathering, un quintet d\u00e9cidemment loin d&#8217;emprunter l&rsquo;autoroute de la facilit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que The Gathering a monopolis\u00e9 l&rsquo;attention avec de nombreuses sorties en un an et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1214,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1213"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1213"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1213\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1214"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}