{"id":1211,"date":"2006-03-13T00:00:00","date_gmt":"2006-03-12T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1211"},"modified":"2006-03-13T00:00:00","modified_gmt":"2006-03-12T22:00:00","slug":"1211","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/03\/13\/1211\/","title":{"rendered":"Univers Zero &#8211; Live"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s une r\u00e9surrection discographique aussi improbable que prolifique depuis 1999, Univers Zero se pla\u00eet \u00e0 faire de m\u00eame sur sc\u00e8ne, avec plusieurs tourn\u00e9es depuis 2004, qui ont permis aux plus jeunes et aux moins chanceux de d\u00e9couvrir la magie de ce groupe de pr\u00e8s. A la vue des nombreuses images qui composent l&rsquo;\u00e9pais livret de ce disque (dont certaines sont sign\u00e9es Andy Kirk, un ancien du groupe), comment en effet ne pas retomber sous le charme de cette formation trop peu connue ? Que ce soit aux Tritonales, ou dans le cadre du Festival MIMI \u00e0 Marseille, Univers Zero, c&rsquo;est l&rsquo;assurance d&rsquo;une musique jamais vue ni entendue. Jamais vue puisque Philippe Seynaeve met en images la prestation du groupe, en trafiquant en direct celles-ci, un aspect visuel bien entendu non retranscrit ici. Jamais entendue tant l&rsquo;en-t\u00eate du site officiel du groupe est vraie: \u00ab\u00a0Si Stravinski avait un groupe de rock, il sonnerait comme \u00e7a\u00a0\u00bb. Avec une formation compl\u00e8tement atypique (basson, hautbois, violoncelle, clarinette, saxophone s&rsquo;ins\u00e8rent dans une formation rock traditionnelle sans guitares), les belges proposent une musique quelque peu apais\u00e9e depuis leur premi\u00e8re p\u00e9riode (1974 &#8211; 1986), mais incroyablement construite et pr\u00e9cise. <\/p>\n<p> Ecrire que ce disque vole tr\u00e8s haut est donc inutile, tant Univers Zero est synonyme de perfectionnisme, \u00e0 l&rsquo;image de son batteur leader, Daniel Denis, qui nous indiquait en interview s\u00e9lectionner les apparitions du groupe en fonction d&rsquo;un cahier des charges extr\u00eamement d\u00e9taill\u00e9. Une volont\u00e9 qui se retranscrit dans la production de ce disque, enregistr\u00e9 en 2005 aux Halles de Schaerbeek (Bruxelles) et au Triton (Les Lilas, dans le cadre des Tritonales). Il est d\u2019ailleurs n\u00e9cessaire de relever l\u2019importance de celle-ci sur le disque. Car les \u0153uvres r\u00e9centes des belges (en particulier les deux derniers albums studio) souffrent d\u2019un son extr\u00eamement froid, qui s\u2019explique par le recours intensif \u00e0 l\u2019ordinateur pour leur enregistrement. C\u2019est d\u2019ailleurs un comble que la batterie soit l\u2019instrument qui semble p\u00e2tir le plus de ce traitement assez aseptis\u00e9. Or, sur ce <i>Live<\/i>, on retrouve la dimension organique de la musique d\u2019UZ, si importante de par l\u2019instrumentation \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb employ\u00e9e par le groupe. Et Daniel Denis b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 plein de cette splendide prise de son, mettant tr\u00e8s en avant toutes les finesses de son jeu, jusque dans les tremblements, tout \u00e0 fait perceptibles, de sa caisse claire. Une pr\u00e9cision qu\u2019on retrouve aussi sur les instruments \u00e0 vents, jusqu\u2019\u00e0 entendre la respiration de Michel Berckmans avant d\u2019encha\u00eener une partie de basson : du grand art, rarement \u00e9gal\u00e9 !<\/p>\n<p> Sur la musique elle-m\u00eame, que dire, sinon que le disque alterne (majoritairement) les morceaux les plus enjou\u00e9s et\/ou r\u00e9cents du r\u00e9pertoire du groupe et (\u00e0 la marge) les moments plus glauques. Un seul manquement \u00e0 l\u2019appel, et pas des moindres : \u00ab\u00a0Dense\u00a0\u00bb, le chef d\u2019\u0153uvre du groupe, tir\u00e9 du non moins retentissant <i>Ceux du Dehors<\/i>. Alors que ce titre ouvrait les tourn\u00e9es de 2004 et 2005 de mani\u00e8re brillante, constituant l\u2019un des points d\u2019orgue de la soir\u00e9e, on ne le retrouve nulle part sur ces soixante six minutes ! Un \u00ab\u00a0oubli\u00a0\u00bb difficile \u00e0 expliquer&#8230; . C\u2019est au second moment fort de la soir\u00e9e d\u2019ouvrir le bal, alors qu\u2019on le retrouve plut\u00f4t en fin des derni\u00e8res prestations du groupe : l\u2019immense \u00ab\u00a0Xenantaya\u00a0\u00bb. Morceau \u00e9pique s\u2019il en est, emmen\u00e9 par les rythmiques presque tribales de Denis sur douze minutes d\u2019ambiances nord-africaines, il constitue aussi le meilleur moyen de p\u00e9n\u00e9trer le monde assez intransigeant d\u2019Univers Zero, par la porte la plus accessible. Le reste, \u00e0 peine en de\u00e7\u00e0,  alterne les passages sautillants et tr\u00e8s \u00e9crits (\u00ab\u00a0Falling Rain Dance\u00a0\u00bb) aux longs moments m\u00e9lodramatiques et r\u00e9p\u00e9titifs (ce final batterie \u2013 piano &#8211; cuivres de \u00ab\u00a0M\u00e9andres\u00a0\u00bb !), sans oublier le classique \u00ab\u00a0Toujours plus \u00e0 l\u2019Est\u00a0\u00bb, ancien morceau r\u00e9\u00e9dit\u00e9 par Cuneiform, et qui indiquait d\u00e9j\u00e0 ce go\u00fbt pour le folklore. Les improvisations ne sont pas oubli\u00e9es, comme ce moment de folie du fac\u00e9tieux Peter Van Den Berghe, aux claviers, sur un passage \u00e0 la Boulez en cours de \u00ab\u00a0Civic Circus\u00a0\u00bb, ou le court solo de batterie de \u00ab\u00a0Falling Rain Dance\u00a0\u00bb !<\/p>\n<p>  Ce premier <i>Live<\/i> est une r\u00e9ussite totale, tant dans la prestation d\u2019ensemble (six musiciens tout de m\u00eame) que dans la pr\u00e9sentation (enregistrer correctement deux cat\u00e9gories d\u2019instruments, rock et classique, est en soi un tour de force en concert). Il constitue m\u00eame le disque \u00e0 recommander pour d\u00e9couvrir le groupe \u00ab\u00a0en douceur\u00a0\u00bb, loin de l\u2019image sombre et grand-guignolesque qu\u2019il a parfois lui-m\u00eame contribu\u00e9 \u00e0 se donner.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s une r\u00e9surrection discographique aussi improbable que prolifique depuis 1999, Univers Zero se pla\u00eet \u00e0&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1212,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1211"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1211"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1211\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1212"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1211"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}