{"id":1185,"date":"2006-08-16T00:00:00","date_gmt":"2006-08-15T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1185"},"modified":"2006-08-16T00:00:00","modified_gmt":"2006-08-15T22:00:00","slug":"1185","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/08\/16\/1185\/","title":{"rendered":"Kvazar &#8211; A Giant\u2019s Lullaby"},"content":{"rendered":"<p>Au rayon des formations progressives nordiques, qui s&rsquo;\u00e9toffe chaque jour un peu plus, \u00e9tudions le cas de Kvazar, tout droit venu de Norv\u00e8ge. Apr\u00e8s un premier album \u00e9ponyme, le groupe a sorti ce <i>A Giant&rsquo;s Luyllaby<\/i> sur Musea il y a un an maintenant. Evoluant dans le genre symphonique, Kvazar se distingue cependant assez nettement de la \u00ab\u00a0veine su\u00e9doise\u00a0\u00bb des Anekdoten, \u00c4nglag\u00e5rd et autres Landberk. En effet, si on retrouve ici les deux amis de tous les proggeux venant du froid, \u00e0 savoir ce bon vieux mellotron et une tristesse infinie, le groupe se pla\u00eet \u00e0 quelques incursions dans le jazz ou le folk qui \u00e9gaient ce morne paysage, souvent avec clairvoyance. En lieu et place des climats cr\u00e9pusculaires de leurs voisins, les Norv\u00e9giens optent donc souvent pour un retour \u00e0 une certaine forme de na\u00efvet\u00e9 et\/ou d&rsquo;innocence dans les ambiances qu&rsquo;ils d\u00e9veloppent, \u00e0 l&rsquo;instar de la plupart des formations progressives du d\u00e9but des ann\u00e9es 70. <\/p>\n<p>  On retrouve donc \u00ab\u00a0un peu de tout\u00a0\u00bb sur ce deuxi\u00e8me essai: de progressif dur (avec basse ravageuse), des passages beaucoup plus enjou\u00e9s voire du jazz rock, au risque de perdre en coh\u00e9rence. C&rsquo;est ainsi que \u00ab\u00a0Flight of the Shamash\u00a0\u00bb m\u00e9lange chants gr\u00e9goriens, envol\u00e9es de guitares \u00e0 la Steve Hackett et complaintes pour ch\u0153urs que ne renieraient pas le grand Ennio Morriconne, pour ce qui est le meilleur moment du disque, avec \u00ab\u00a0Choir of Life \u00bb. Sur ce second titre, tr\u00e8s pastoral, on s&rsquo;aper\u00e7oit que Kvazar poss\u00e8de une chanteuse \u00e0 mi-temps en la personne de Trude Bergli, et que cette derni\u00e8re a bien du talent, accompagn\u00e9e par des mellotrons imposants qui constitueront l&rsquo;une des seules r\u00e9f\u00e9rences clairement nordiques de l&rsquo;album. Entre deux br\u00e8ves transitions instrumentales impr\u00e9gn\u00e9es de l&rsquo;esprit de Camel (guitare acoustique un brin m\u00e9lancolique) et de Pink Floyd (basse grave et claviers planants), le groupe offre encore une autre perspective sur sa musique, avec une lente ballade o\u00f9 s&rsquo;intercalent mont\u00e9es guitares\/claviers et cassures jazzy (l\u00e9gers saxophones, batterie tout en retenue), surmont\u00e9e par la voix d\u00e9licate de Andre Jensen Deaya (\u00ab\u00a0Dreams of Butterflies \u00bb). Le kal\u00e9idoscope de styles continue sur le disque, avec \u00ab\u00a0Spirit of Time \u00bb, le bien nomm\u00e9: un titre compl\u00e8tement Floydien (p\u00e9riodes Barrett et post-Barrett), et hant\u00e9 par des ch\u0153urs et un orgue Hammond aux sonorit\u00e9s profondes, avant que le saxophone de Odd Andre et les arp\u00e8ges de guitares de John-Eric Gretland ne viennent confirmer que le titre vient de se transformer en in\u00e9dit de <i>Dark Side of the Moon<\/i>. Influences orientales (\u00ab\u00a0Desert Blues \u00bb) et improvisations \u00e0 la Soft Machine (\u00ab\u00a0Sometimes \u00bb) sont encore au programme d&rsquo;un album d\u00e9routant, et continuent \u00e0 faire perdre le fil directeur de celui-ci, m\u00eame si les m\u00e9lodies sont suffisamment m\u00e9morisables pour prendre l&rsquo;auditeur par la main. Le disque se \u00ab\u00a0d\u00e9lite \u00bb ainsi \u00e0 partir de \u00ab\u00a0Spirit of Time \u00bb, jusqu&rsquo;au magistral morceau-titre, qui reprend les choses en main, avec une ambiance proche de <i>Islands<\/i> de King Crimson (pour les cuivres et l&rsquo;aspect diaphane du titre) et une mont\u00e9e \u00e0 la fois instrumentale et vocale digne de Magma.<\/p>\n<p>  Nous voici donc devant un v\u00e9ritable cas de conscience avec <i>A Giant&rsquo;s Lullaby<\/i>: faut-il f\u00e9liciter cette tentative d&rsquo;exploration de mondes musicaux tr\u00e8s divers ou doit-on reprocher aux norv\u00e9giens d&rsquo;avoir voulu trop en faire au d\u00e9triment d&rsquo;une coh\u00e9rence d&rsquo;ensemble? On choisira la premi\u00e8re solution, la personnalit\u00e9 du groupe se trouvant dans la force expressive de chaque titre de l&rsquo;album, m\u00eame s&rsquo;il est probable que certains amateurs ne la d\u00e9c\u00e8leront pas. Cependant, sans ce \u00ab\u00a0ventre mou \u00bb compos\u00e9 des trois titres centraux, le disque aurait sans doute pu pr\u00e9tendre \u00e0 une place dans les meilleurs \u0153uvres progressives de l&rsquo;ann\u00e9e 2005. Ah, une derni\u00e8re chose\u2026 : si leurs compatriotes de Gargamel n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s heureux sur le choix de leur nom, Kvazar devrait quant \u00e0 lui changer d&rsquo;infographiste! Quelle immonde pochette!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au rayon des formations progressives nordiques, qui s&rsquo;\u00e9toffe chaque jour un peu plus, \u00e9tudions le&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1186,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1185"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1185"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1185\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1186"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1185"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1185"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1185"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}