{"id":1167,"date":"2006-09-25T00:00:00","date_gmt":"2006-09-24T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1167"},"modified":"2006-09-25T00:00:00","modified_gmt":"2006-09-24T22:00:00","slug":"1167","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2006\/09\/25\/1167\/","title":{"rendered":"White Willow &#8211; Signal to Noise"},"content":{"rendered":"<p>Mais o\u00f9 veut donc aller White Willow? C\u2019est la question que l\u2019on \u00e9tait (d\u00e9j\u00e0) en droit de se poser \u00e0 l\u2019\u00e9coute de son pr\u00e9c\u00e9dent album, <i>Storm Season<\/i>, sorti en 2004. En effet, alors que les norv\u00e9giens proposaient une certaine \u00ab&nbsp;unit\u00e9 stylistique&nbsp;\u00bb sur leurs trois premiers albums (\u00e0 savoir un progressif symphonique tr\u00e8s arrang\u00e9), ce quatri\u00e8me avait divis\u00e9 l\u2019opinion, en incluant des \u00e9l\u00e9ments plus metal et en simplifiant la musique du groupe. Les quelques commentaires sous la chronique parue dans nos pages t\u00e9moignent d\u2019ailleurs d&rsquo;appr\u00e9ciations diverses du disque, m\u00eame s\u2019il \u00e9tait unanimement reconnu qu\u2019il \u00e9tait soign\u00e9. <\/p>\n<p> Deux ans apr\u00e8s, <i>Signal to Noise<\/i> n\u2019est pas pr\u00eat de mettre fin au d\u00e9bat (qui a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 sur notre forum : nos lecteurs sont d\u00e9cidemment d\u2019imp\u00e9nitents bavards !). On peut m\u00eame dire que le groupe semble se plaire \u00e0 brouiller les pistes, avec pour r\u00e9sultat un disque dont l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 ne tient qu\u2019\u00e0 la patte du compositeur principal du groupe (Jacob Holm-Lupo) et au chant de Trude Eidtang, la nouvelle arriv\u00e9e d\u2019un groupe assez instable en terme de musiciens. M\u00eame le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment qui contribuait au style de <i>Storm Season<\/i> &#8211; \u00e0 savoir une certaine forme de noirceur &#8211; dispara\u00eet par moments sur ce disque. Illustration pour le moins frappante de ce changement de cap, le bien nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;Joyride&nbsp;\u00bb, sorte de m\u00e9lange entre Cocteau Twins et Alanis Morissette : un tr\u00e8s beau morceau, mais \u00e0 mille lieux des pr\u00e9c\u00e9dentes productions de White Willow.<\/p>\n<p> En dehors de ce titre (auquel on peut ajouter les \u00ab&nbsp;gentils&nbsp;\u00bb et moins r\u00e9ussis \u00ab&nbsp;Splinters&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;The Dark Road&nbsp;\u00bb), on peut dire que l\u2019album contient deux types de morceaux bien distincts : des titres pesants et sombres, dans la lign\u00e9e de <i>Storm Season<\/i>, et des compositions lyriques et aux arrangements complexes, vestiges du magnifique troisi\u00e8me album du groupe, <i>Sacrament<\/i>. Ainsi, \u00ab&nbsp;Night Surf&nbsp;\u00bb commence d\u2019entr\u00e9e par un rythme lancinant et des arp\u00e8ges de guitares tr\u00e8s sombres, \u00e0 l\u2019image de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, \u00ab&nbsp;Chemical Sunset&nbsp;\u00bb. La voix de Trude Eidtang est un peu moins pure que celle de Sylvia Erichsen, plus voil\u00e9e dira-t-on, mais on comprend tout de suite que ni l\u2019une ni l\u2019autre ne compose les lignes de chant : le phras\u00e9 tr\u00e8s particulier de celles-ci est le m\u00eame, et nul doute que Holm-Lupo tient le pupitre. L\u2019angoissant \u00ab&nbsp;Ghosts&nbsp;\u00bb va encore plus loin dans la d\u00e9marche avec une ambiance et un son quasi-metal, le co-producteur Tommy Hansen (TNT, Helloween, Circus Maximus) ayant sans doute accentu\u00e9 cette tendance. Sur ces titres, l\u2019attention est port\u00e9e sur les atmosph\u00e8res et le chant, et l\u2019instrumentation audacieuse des premiers albums n\u2019est pas encore de mise. On retrouve cependant des arrangements plus complexes sur trois splendides et longs titres : \u00ab&nbsp;The Lingering&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Chrome Dawn&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Dusk City&nbsp;\u00bb. Le chant se fait plus lyrique et passionn\u00e9, tandis que le groupe propose des sonorit\u00e9s plus diverses, avec beaucoup de claviers analogiques (mellotron, orgue Hammond, et ribambelles d\u2019ARP et claviers Roland ou Korg, tous tenus par Lars Fredrik Fr\u00f8islie) et une instrumentation plus riche (un \u00ab&nbsp;Dusk City&nbsp;\u00bb os\u00e9, o\u00f9 basses satur\u00e9es et fl\u00fbtes l\u00e9g\u00e8res se c\u00f4toient assez harmonieusement). <\/p>\n<p> Bel exercice de composition(s) et de style(s) ou catalogue de titres disparates par un groupe qui a perdu de sa personnalit\u00e9 ? C\u2019est un vrai Jugement de Salomon qu\u2019on demande au chroniqueur de rendre ici ! Ce qui est certain, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas fond\u00e9 de taxer le groupe d\u2019opportunisme ou de fain\u00e9antise, car on sent le travail et la sophistication \u00e0 chacune de ces cinquante et une minutes. En cela, quelques \u00e9coutes limit\u00e9es risqueraient de tromper sur la qualit\u00e9 du disque. Ce qui fera pencher la balance d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ou de l\u2019autre d\u00e9pendra vraisemblablement du fait que vous aurez l\u2019impression d\u2019\u00e9couter White Willow ou, au contraire, que vous ne reconnaissiez plus le groupe. Pour notre part, les norv\u00e9giens ne sont pas encore m\u00e9connaissables, malgr\u00e9 leurs h\u00e9sitations de styles, et l\u2019album reste recommandable, m\u00eame si en de\u00e7\u00e0 des \u0153uvres pr\u00e9c\u00e9dentes du groupe faute \u00e0 deux ou trois titres moins percutants. Qu\u2019en sera-t-il du prochain ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mais o\u00f9 veut donc aller White Willow? 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