{"id":1145,"date":"2007-04-18T00:00:00","date_gmt":"2007-04-17T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1145"},"modified":"2007-04-18T00:00:00","modified_gmt":"2007-04-17T22:00:00","slug":"1145","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/04\/18\/1145\/","title":{"rendered":"Machine Head &#8211; The Blackening"},"content":{"rendered":"<p>Un album avec un squelette en pochette en chronique sur Progressia ? A fortiori par un groupe de thrash nomm\u00e9 Machine Head ? Les temps changent\u2026 ! Il faut pourtant se souvenir du battage m\u00e9diatique qui entourait le groupe lors de la sortie de son premier album, <i>Burn My Eyes<\/i>. D\u00e9mocratisant le <i>power metal<\/i> sur lequel Pantera avait alors un monopole, Machine Head avait \u00e0 lui tout seul relanc\u00e9 un genre, le <i>thrash<\/i>, \u00e0 grands coups de rythmiques terrassantes et de double grosse caisse tr\u00e9pidante. La fi\u00e8vre \u00e9tait pourtant vite retomb\u00e9e, et on ne se doutait pas que le groupe pouvait encore apporter quelque chose \u00e0 un genre, le metal, qui tombait lui aussi en d\u00e9su\u00e9tude au fil de la d\u00e9cennie 90. Jusqu\u2019\u00e0 ce que, tout comme en 1994, la rumeur bruisse \u00e0 nouveau \u00e0 son sujet. On commen\u00e7ait \u00e0 parler d\u2019un album plus complexe et ambitieux, puis carr\u00e9ment d\u2019un <i>Master of Puppets<\/i> bis (qualificatif sur lequel on reviendra plus bas, et aliment\u00e9 par la reprise de \u00ab Battery \u00bb, en bonus sur la version commercialis\u00e9e du disque). Probablement motiv\u00e9 par l\u2019accueil plut\u00f4t chaleureux de son pr\u00e9c\u00e9dent disque (<i>Through the Ashes of Empires<\/i>) et surtout le retour \u00e0 la mode de son style de pr\u00e9dilection (qui a parl\u00e9 de Trivium ?!), Robb Flynn s\u2019est retrouss\u00e9 les manches pour relancer sa carri\u00e8re. Et il y est arriv\u00e9. <\/p>\n<p> Morceaux (tr\u00e8s) longs, allant jusqu\u2019\u00e0 la dizaine de minutes, \u00e0 tiroirs, dot\u00e9s d\u2019une redoutable technique, difficile de ne pas admettre que Machine Head s\u2019est transform\u00e9 en \u00ab machine \u00e0 riffer \u00bb. \u00ab Clenching The Fists of Dissent \u00bb ou son pendant \u00ab Aesthetics of Hate \u00bb risquent de renvoyer bon nombre d\u2019apprentis thrasheurs \u00e0 leurs \u00e9tudes\u2026 . Mais au-del\u00e0 de cette agressivit\u00e9 convenue pour le groupe, Flynn sait aussi nous rappeler qu\u2019il est plus fin chanteur et m\u00e9lodiste qu\u2019on ne croit : un titre comme \u00ab Now I Lay Thee Down \u00bb, avec un superbe chant clair en t\u00e9moigne. Ce morceau, l\u2019un des plus courts de l\u2019album, est d\u2019ailleurs repr\u00e9sentatif de l\u2019effort du groupe pour synth\u00e9tiser les courants d\u2019un genre, le metal : d\u00e9part sur des bases m\u00e9lodiques et tortur\u00e9es \u00e0 la Deftones ou Tool, puis d\u00e9rive vers une musique plus technique digne de l\u2019\u00e9cole su\u00e9doise. Autre morceau de choix, le long \u00ab Halo \u00bb, probablement la composition la plus progressive de Machine Head, avec une vraie prise de risque sur le chant clair, pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame, et des enluminures guitaristiques permanentes qui donnent un cachet singulier. Phil Demmel et Flynn s\u2019en donnent \u00e0 c\u0153ur joie, sur des soli parfois aussi m\u00e9lodiques que du Maiden des grands jours, ou sur des rythmiques thrash typ\u00e9es Machine Head (avec ce <i>rip<\/i> suraigu si caract\u00e9ristique). On notera tout de m\u00eame les deux titres plus convenus et moins innovants qui l\u2019entourent, et qui cassent un peu la qualit\u00e9 d\u2019ensemble du disque par leur aspect \u00ab brut de d\u00e9coffrage \u00bb. <\/p>\n<p> Pour le son, Colin Richardson est \u00e0 nouveau derri\u00e8re les manettes. Il est amusant de noter que dans la biographie envoy\u00e9e \u00e0 la presse, ce dernier est r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 pour des groupes comme Bullet for My Valentine ou Funeral for a Friend, alors qu\u2019un \u00ab vieil \u00bb amateur se souviendra plut\u00f4t de ses productions en b\u00e9ton arm\u00e9 pour Fear Factory, Carcass, ou Sepultura\u2026 . L\u2019important reste que l\u2019anglais est toujours aussi habile \u00e0 saisir les \u00ab subtilit\u00e9s \u00bb de chaque groupe pour en faire ressortir toute la puissance (un torr\u00e9facteur bien connu r\u00e9sumerait par \u00ab Colin sait faire du bon metal \u00bb).<\/p>\n<p> Dire de ce disque qu\u2019il est le <i>Master of Puppets<\/i> des californiens n\u2019est probablement pas exact : il n\u2019en a ni la constance ni la majest\u00e9. On peut cependant plus ais\u00e9ment le rapprocher d\u2019un <i>And Justice for All<\/i> : un album r\u00eache, complexe, aux titres parfois artificiellement longs \u00e0 force d\u2019empiler les riffs. Mais aussi un album sinc\u00e8re et empli de rage. \u00ab En reconqu\u00eate \u00bb, voil\u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit dans lequel ce disque a d\u00fb \u00eatre compos\u00e9. Et s\u2019il manque peut-\u00eatre un petit peu de m\u00e9lodies m\u00e9morisables pour hisser <i>The Blackening<\/i> au niveau de <i>Burn My Eyes<\/i>, Machine Head vient tout de m\u00eame de lancer un mur de briques dans la mare o\u00f9 pataugent trop de canards conformistes. Et rien que pour cela, on ne pouvait passer sous silence cet album !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un album avec un squelette en pochette en chronique sur Progressia ? 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