{"id":1143,"date":"2007-05-02T00:00:00","date_gmt":"2007-05-01T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1143"},"modified":"2007-05-02T00:00:00","modified_gmt":"2007-05-01T22:00:00","slug":"1143","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/05\/02\/1143\/","title":{"rendered":"Enter Shikari &#8211; Take to the Sky"},"content":{"rendered":"<p>Trois lettres pour r\u00e9sumer la d\u00e9marche d\u2019Enter Shikari : DIY. Pour \u00ab&nbsp;Do It Yourself&nbsp;\u00bb. Ou l\u2019histoire de jeunes post-adolescents qui cr\u00e9ent leur propre maison de disques (la bien-nomm\u00e9e Ambush Reality), tournent en Grande Bretagne jusqu\u2019\u00e0 finir par deux concerts <i>sold out<\/i> \u00e0 l\u2019Astoria de Londres sans aucune promotion, et sortent leur premier album en faisant la une des magazines outre-manche et en atteignant de tr\u00e8s honorables places dans les <i>charts<\/i>. Le seul fait qu\u2019Enter Shikari soit d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 si loin de mani\u00e8re ind\u00e9pendante nous permettait de penser que le groupe n\u2019\u00e9tait pas un \u00e9ni\u00e8me <i>one-hit-wonder<\/i> comme l\u2019Angleterre sait si bien en pondre. Restait \u00e0 savoir si, au-del\u00e0 de la mani\u00e8re, l\u2019art \u00e9tait aussi magistral chez Enter Shikari ! <\/p>\n<p> Un art pour le moins particulier, et surtout un son des plus in\u00e9dits. Partant d\u2019une base <i>emo-core<\/i> finalement assez convenue, les anglais y ajoutent les sonorit\u00e9s typ\u00e9es de la dance anglaise des ann\u00e9es 90, \u00e0 la fois par l\u2019usage de batteries programm\u00e9es et de claviers. Une premi\u00e8re \u00e9coute, avec des oreilles de 2007, risque de vous faire penser qu\u2019Enter Shikari est le groupe le plus kitsch de la terre. Car si le <i>Revival<\/i> des ann\u00e9es 80 a permis de se r\u00e9approprier les arrangements pompeux de l\u2019\u00e9poque, ce n\u2019est pas le cas de la d\u00e9cennie qui a suivie. Et le terme employ\u00e9 par certains pour d\u00e9crire le groupe n\u2019est parfois pas usurp\u00e9 : \u00ab&nbsp;Nintendo-core&nbsp;\u00bb ! Le quatri\u00e8me \u00ab&nbsp;Interlude&nbsp;\u00bb de leur premier album pourrait en effet figurer en bonne place dans une bande originale de Zelda ! Il faut donc pouvoir passer outre les images de danseurs en tenues de babas cools avec des sticks phosphorescents qui se dandinent comme s\u2019ils devaient entrer dans une bouteille d\u2019energic drink pour l\u2019appr\u00e9cier ! Une fois le choc pass\u00e9, on peut alors d\u00e9couvrir toute l\u2019\u00e9nergie d\u00e9gag\u00e9e par le groupe, avec des murs de guitares rythmiques et des <i>growls<\/i> qui donnent parfois l\u2019impression d\u2019\u00e9couter du black metal symphonique (cf le morceau \u00e9ponyme) ou du\u2026 My Chemical Romance ayant ingurgit\u00e9 une grande dose d\u2019Underworld premi\u00e8re \u00e9poque (\u00ab&nbsp;Anything Can Happen In the Next Half Hour&nbsp;\u00bb). De la musique pour peinturlur\u00e9s des bois toutefois teint\u00e9e de mont\u00e9es et de petits <i>beats and bleeps<\/i> tout droit tir\u00e9s d\u2019un album de Prodigy ou d\u2019une compilation <i>trance<\/i>. Ainsi, si l\u2019on parle d\u2019un retour au son des ann\u00e9es 90 au Royaume-Uni, avec une recrudescence des soir\u00e9es et de la musique rave, c\u2019est en grande partie gr\u00e2ce au groupe, qui a donn\u00e9 une nouvelle dimension \u00e0 ce genre \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u00e0 travers le rock. <\/p>\n<p> Un cocktail original donc, qui offre un habillage tr\u00e8s particulier \u00e0 des morceaux souvent longs, tr\u00e8s ax\u00e9s sur les m\u00e9lodies vocales claires, en ch\u0153ur, ou hurl\u00e9es. Le r\u00e9sultat peut \u00eatre illustr\u00e9 par l\u2019excellent \u00ab&nbsp;Return to Energizer&nbsp;\u00bb, gav\u00e9s de chants \u00e9piques, de claviers psych\u00e9d\u00e9liques et de guitares ac\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019unisson d\u2019une batterie \u00e9pileptique. \u00ab&nbsp;OK ! Time for Plan B&nbsp;\u00bb est \u00e9galement construit sur le m\u00eame sch\u00e9ma, et sa rythmique d\u00e9cal\u00e9e confirme que le groupe est clairement influenc\u00e9 par les excellents Biffy Clyro (dont on attend toujours le nouvel album, pr\u00e9vu en mai). Souvent inutiles, les plages instrumentales qui s\u00e9parent certains titres a\u00e8rent l\u2019album, et permettent souvent de souffler apr\u00e8s un ou deux titres aussi denses.  Enter Shikari se permet aussi d\u2019utiliser des instruments acoustiques, qu\u2019on a plaisir \u00e0 entendre sur les graciles \u00ab&nbsp;Adieu&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Today Won\u2019t Go Down in History&nbsp;\u00bb, apr\u00e8s cette avalanche d\u2019\u00e9lectronique d\u00e9pass\u00e9e. <\/p>\n<p> Nul doute qu\u2019Enter Shikari est loin d\u2019avoir donn\u00e9 sa pleine mesure sur ce premier album, qui manque encore de maturit\u00e9 (surtout et \u00e9trangement sur les premiers titres). Une meilleure int\u00e9gration des aspects dansants de sa musique (qui restent \u00e0 ce jour limit\u00e9s) et une plus large palette sonore pour les claviers seraient par exemple des pistes \u00e0 suivre. Mais les id\u00e9es, et surtout le son, sont d\u00e9j\u00e0 bel et bien l\u00e0 : encore faut-il pouvoir l\u2019appr\u00e9cier. C\u2019est sur sc\u00e8ne que les anglais ont fait leur r\u00e9putation, gr\u00e2ce \u00e0 des concerts hauts en couleurs, en lasers et en \u00e9nergie. Le ph\u00e9nom\u00e8ne a d\u00e9j\u00e0 franchi Albion, puisque le groupe remplit d\u00e9j\u00e0 les salles en Allemagne et il ne faudra pas longtemps pour que la France soit elle aussi contamin\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trois lettres pour r\u00e9sumer la d\u00e9marche d\u2019Enter Shikari : DIY. Pour \u00ab&nbsp;Do It Yourself&nbsp;\u00bb. 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