{"id":1081,"date":"2008-11-04T00:00:00","date_gmt":"2008-11-03T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/1081"},"modified":"2008-11-04T00:00:00","modified_gmt":"2008-11-03T22:00:00","slug":"1081","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/11\/04\/1081\/","title":{"rendered":"Jarboe &#8211; Mahakali"},"content":{"rendered":"<p>Faisant sans aucun doute partie de la cat\u00e9gorie des artistes \u00ab\u00a0boulimiques\u00a0\u00bb, la chanteuse Jarboe avait d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019une chronique sur Progressia en 2008 pour son (excellente) collaboration avec Justin Broadrick sur <i>J2<\/i>. Elle en aura donc droit \u00e0 une seconde pour ce nouvel album solo, r\u00e9alis\u00e9 avec l\u2019aide d\u2019une pl\u00e9thore d\u2019invit\u00e9s venant d&rsquo;horizons vari\u00e9s, du plus brutal avec Phil Anselmo (Down, ex-Pantera) et Attila Csihar (Mayhem), au plus ind\u00e9pendant avec Josh Graham (Red Sparrowes), Vinny Signorelli (Swans, Unsane) et Julia Kent (Antony &#038; The Johnsons). <\/p>\n<p>  Bas\u00e9 sur l\u2019incarnation de plusieurs personnages et de l\u2019histoire d\u2019une divinit\u00e9 indienne de la destruction du m\u00eame nom, <i>Mahakali<\/i> est un v\u00e9ritable pot-pourri \u2013 aussi bien dans le bon que dans le mauvais sens du terme \u2013 des genres abord\u00e9s par Jarboe lors de sa carri\u00e8re, qui couvre maintenant plusieurs d\u00e9cennies depuis son passage chez les l\u00e9gendaires Swans. C\u2019est d\u2019ailleurs \u00e0 cette p\u00e9riode que commence ce long p\u00e9riple de seize titres, avec une s\u00e9rie de morceaux tr\u00e8s lourds et dissonants (\u00ab\u00a0Mahakali\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0The House of Void\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Transmogrification\u00a0\u00bb), \u00e9voquant son premier groupe mais \u00e9galement les terribles Red Sparowes (auquel elle emprunte aussi le go\u00fbt des titres de chansons aussi longs que la langue pendante de la pochette du disque). <\/p>\n<p>  Si l\u2019atmosph\u00e8re noire et d\u00e9cal\u00e9e est pr\u00e9sente, distill\u00e9e par la voix mi-chevrotante mi-mena\u00e7ante de Jarboe, difficile de ne pas reconna\u00eetre que le disque ne r\u00e9volutionne en rien l\u2019univers de la chanteuse, aussi personnel soit-il. Un sentiment renforc\u00e9 par la pesanteur de la section rythmique, aussi pachydermique que celle d\u2019un groupe de doom. Heureusement que la seconde partie du disque relativise le jeu, comme le d\u00e9primant \u00ab\u00a0Mouth of Flames\u00a0\u00bb, que l\u2019on croirait tir\u00e9 d\u2019une bande originale de film, ou le <i>spoken-word<\/i> \u00ab\u00a0Kali Lamentation II\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>  L\u2019attention se porte donc tout naturellement sur la performance vocale des invit\u00e9s. Le \u00ab\u00a0charmant\u00a0\u00bb et bien-nomm\u00e9 Attila d\u00e9livre quelque borborygmes bien sentis mais un peu vains, tandis que Phil Anselmo surprend par sa voix claire, sur un titre acoustique qui sert de pause bienvenue apr\u00e8s tant de distorsions. On pourrait dire que le hurleur de feu Pantera se m\u00e9tamorphose en Liz Fraser, en superposant plusieurs couches de voix comme le faisait la diaphane cantatrice des Cocteau Twins, pour un excellent rendu\u00a0! A noter que le titre a droit \u00e0 un non moins \u00e9tonnant remix par Jarboe, plus rythmique et \u00e9lectronique.<\/p>\n<p>  Adepte de l&rsquo;excentricit\u00e9, la chanteuse propose trois versions de son album, avec des listes de morceaux dans des ordres diff\u00e9rents et des titres in\u00e9dits \u00e0 chaque \u00e9dition. Une autre mani\u00e8re de montrer qu\u2019elle n&rsquo;en fait qu&rsquo;\u00e0 sa t\u00eate, comme sur ce disque, qu&rsquo;elle souffle le chaud et le froid, ouvre une porte pour mieux la claquer \u00e0 la figure de l\u2019auditeur la minute qui suit. Il ne manque que cette coh\u00e9rence qu\u2019ont apport\u00e9 Broadrick ou Neurosis lors de pr\u00e9c\u00e9dentes collaborations. Ce qui \u00ab\u00a0sauve\u00a0\u00bb les meubles reste n\u00e9anmoins cette personnalit\u00e9 et l\u2019aspect plus respirable de la seconde moiti\u00e9 de l&rsquo;oeuvre. Chacun y trouvera son compte, mais probablement pas dans l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de <i>Mahakali<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Faisant sans aucun doute partie de la cat\u00e9gorie des artistes \u00ab\u00a0boulimiques\u00a0\u00bb, la chanteuse Jarboe avait&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1082,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1081"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1081"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1081\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1082"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}