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07 Septembre 2009

We Insist!

The Babel Inside Was Terrible

par Christophe Manhès
Excellente surprise que ce disque, qui rentre sans problème dans cette lignée héroïque des œuvres atypiques, ambitieuses, parfaitement maîtrisées, et à laquelle il ne manque que ce à quoi la rançon du succès donne droit : les moyens d’une production internationale. Quoiqu'en l’état, celle-ci a l’avantage de montrer sans tricher de quoi se chauffe ce groupe pétaradant doué de mélodies sans additifs.

Composé pourtant de jeunes musiciens, We Insist! a la faconde des vieux routards du rock et conduit sur les routes les plus sinueuses sans jamais donner l’impression, en vrais virtuose, d’avoir besoin de freiner. C’est que ces Français ne sont pas nés de la dernière pluie. Avec quatre albums au compteur et plus de dix ans de concerts dans les jambes, rien d’étonnant que ces messieurs soient parvenus aujourd’hui à la maturité, en proposant un style toujours aussi personnel, décapant, à la croisée des mondes.

Leur musique évoque autant Faith No More, Jane's Addiction que les kaléidoscopiques innovations de Mr Bungle ! Bref, ils crachent une grosse dose de rock’n’roll déviant, avec ce qu’il faut de lyrisme et de sophistication pour échapper aux programmes éculés des zozos. De la basse bestiale aux claviers inventifs jamais envahissants, jusqu’au sax capable de sortir du bois quand l’urgence le demande, le propos ne cesse d'être réjouissant.

Mais comme le font souvent les bons disques, The Babel Inside Was Terrible ne se révèle pas immédiatement. La patience est de rigueur avant que ne se révélent les crocs acérés du fauve. Débuter l'écoute par « Dead Dog » ou « Our Countries » bluffera même les plus blazés. We Insist! qu’ils disent. Ils ont bien raison les p’tits gars ! A force, ils pourraient bien décrocher la timbale de la reconnaissance, délivrée par tous les amateurs de plaisirs rugueux et créatifs. Celle du Top 50 en revanche, ce n’est malheureusement pas pour demain. D’ailleurs ils s’en foutent, et nous aussi !
  • Année: 2009
  • Label: Exile on Mainstream Records

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