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02 Février 2005

The Trail Of Dead

Worlds Apart

par Djul
Imaginez… Imaginez une impossible fusion entre The Wall et Nirvana ou les Smashing Pumpkins. Vous n’y arrivez pas ? C’est compréhensible, et pourtant l’alchimie s’est produite le 25 janvier 2005, date de sortie de ce quatrième album de The Trail Of Dead, quatuor jusque là uniquement connu des amateurs de rock indépendant.
Certes, cette fusion est encore imparfaite, voire instable, mais elle a le mérite d’exister et le choix du groupe a déjà fait couler beaucoup d’encre dans la presse. C’est ainsi qu’après The Mars Volta, Mercury Rev et autres The Flaming Lips, un autre groupe issu de l’univers indépendant mute pour devenir un hybride prog. Vu le résultat, on a envie de dire : à quand une contamination à grande échelle ?

Introduction grandiloquente et orchestrale façon Le Retour du Roi, chœurs dégoulinants, voici un disque qui cueille l’auditeur à froid et le réchauffe avec ses guitares cinglantes qui battent le rappel pour l’un des meilleurs titres du disque : « Will You Smile Again ? ». Morceau épique et violent, mais doté d’une partie centrale binaire sur laquelle la voix éraillée à la Cobain de Conrad Keely implore sa bien-aimée, il résume à lui seul le paradoxe incarné par ce groupe. Et à part le single « Worlds Apart », vindicatif J’accuse à l’attention de CNN et MTV, The Trail of Dead arrive à maintenir à la fois cette dualité et cette qualité sur quarante-cinq minutes.
Ballade rêveuse au piano qui se mue en rock rentre dedans à la Smashing Pumpkins, chœurs féminins qui annoncent l’orage, interlude folklorique délirant qui rappelle l’œuvre phare du Floyd, l’œuvre de ces Texans est parfois difficile d’accès et sûrement rebutante de prime abord, mais mérite que l’on insiste. Les mélodies ciselées composées par le groupe mais jouées avec la rage au ventre, parsèment Worlds Apart et ne tarderont pas à conquérir ceux que le rock indépendant n’effraie pas.

Certes, le chant semble parfois hésitant et manque d’ampleur face à la rythmique massive du groupe jouée par deux batteurs ! Les influences de Sonic Youth et de Pink Floyd sont très présentes, mais la force de The Trail of Dead est justement d’en faire un tout cohérent, les parties s’enchaînant intelligemment : l’habité « The Best » en représente sans doute l’illustration la plus flagrante. Voici le genre de surprise qui pousse à aller chercher le progressif là où l’on ne penserait pas le trouver.
  • Année: 2005
  • Label: Interscope

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