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25 Août 2011

Akin

The Way Things End

par Dan Tordjman

La vie n’a pas été un long fleuve tranquille pour Akin. Ce groupe lyonnais a traversé une longue période silencieuse après des débuts prometteurs en 2001 et certains faits d’armes comme des concerts en première partie de Dark Tranquillity ou Within Temptation.

Les raisons de ce hiatus sont inconnues et cet album constitue une arlésienne en soi. Elle présente Akin sous un nouveau jour… ainsi qu’une une formation inédite puisque le noyau de base se voit secondé par un quatuor à cordes, dont on ne pourra pas dire qu’il fait de la figuration sur The Way Things End. Il est en effet omniprésent, se fondant dans le décor musical dressé par le groupe. Dès les premières secondes de « The 92nd Flight » c’est une invitation à un voyage où guitares furieuses et paisibles se côtoient harmonieusement. Impossible dès lors de ne pas penser à la facette angélique d’Opeth, suivi de près par Anathema et Porcupine Tree. A mi-chemin entre Andrea Corr et Danishta Rivero (ex-Aghora), le chant d’Adeline Gurtner se pose assez facilement sur ce tissu musical. Toutefois, une certaine variété vocale serait la bienvenue afin d’éviter de sombrer dans la monotonie.

Akin a visiblement décidé de ne pas s’imposer de limites et bien lui en a pris. On passe avec facilité d’un metal progressif de bonne facture sur « Second Ride » à un moment de calme avec « Cassandra ». Au delà des influences et styles cités plus tôt, les Rhodaniens ont également su ajouter à leur paysage automnal une jolie touche d’exotisme. Quelques uns de leurs titres se voient ainsi agrémentés d’instruments atypiques tels que derboukas et tablas. Nous avons ici un album très consistant et également plaisant. Cependant il n’est pas à la portée de toutes les oreilles et certains pourraient s’y reprendre à plusieurs reprises pour apprécier pleinement The Way Things End. La production équilibrée rend justice à l’ambiance développée tout au long du disque, même si elle pêche par moments, notamment dans les passages plus agressifs.

De l’eau a donc coulé sous les ponts, mais force est de constater que ces artistes sont de retour, plus forts, plus matures et plus soudés. La vie est, paraît-il, faite de cycles. Espérons qu’Akin brise celui dont il fut prisonnier pendant ces années et qu’il continue à faire voyager.

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