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11 Août 2011

K-Branding

Alliance

par Aleksandr Lézy

Trois longues années se sont écoulées depuis la giclée de Facial : du temps pour composer et chercher afin de surprendre, défier les lois académiques de la musique. K-Branding marque au fer rouge les esprits en redéfinissant les contours de son œuvre belle et chaotique.

Si le line-up n’a pas changé, les considérations stylistiques de ce trio belge ont, elles, bien évolué. L’électronique comme le chant se sont immiscés dans Alliance telles deux nouvelles marques de fabrique. Si le précédent album naviguait dans une sphère musicale tribale très rythmique et enivrante par l’apport de bruits industriels et d’éléments gras et massifs en mouvements perpétuels, K-Branding s’émancipe et surprend. La basse a été remplacée par une guitare « noise » méconnaissable tant elle se retrouve cliniquement retournée par un wagon d’effets. La batterie quant à elle a rétréci, sous la forme de percussions passées à travers des filtres, et le saxophone toujours présent laisse place à des synthés et des effets électroniques vicieusement placés.

Globalement, Alliance garantit l’échappée belle dans un univers riche et mystérieux. Un endroit où la mélodie n’a pas sa place et où les synapses du cerveau sont mises à rude épreuve. Voilà bien sept longs titres surprenants, torturés mais profondément émouvants par leur portée créative. Des éléments sonores de leurs compatriotes Univers Zéro période Heatwave, la brutalité des illustres suisses de 16-17 ou encore les mystères électroniques d’Art Zoyd seront autant d’éléments qui pourront permettre d’appréhender l’exceptionnelle musique de K-Branding.

Toutefois, si cet album est une réussite évidente, il faudra de nombreuses écoutes pour l’apprécier. Déstabilisant par les modifications apportées, Alliance choque, puis surprend pour enfin prendre l’auditeur dans ses filets. L’attaque n’est pas immédiate mais le plaisir reste intact. Cependant, à force de vouloir trop changer voire muter, le trio pourrait s’attirer les foudres de ses plus fervents admirateurs. Qu’importe…

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