Wolves in the Throne Room - Black Cascade

19/04/2009

Par Jérémy Bernadou

Label: Southern Lord Recordings

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Grâce notamment à leurs deux premiers albums, Diadem of 12 Stars et Two Hunters, les Américains de Wolves in the Throne Room se sont propulsés au devant de la scène black metal atmosphérique. Voix écorchée typique du style, batterie alignant les blast beats, passages plus mélodiques mais toujours aussi sombres… C’est davantage du côté des constructions que la formation se démarque : leurs compositions sont longues, très longues même ( toutes durent plus de dix minutes sur le présent album). Alors que certains les ont déjà rapprochés de la scène progressive, il faudrait plutôt dresser le parallèle avec une optique typiquement black metal : cette évolution des atmosphères, cette lente descente aux enfers rejoint l’idéologie du style et s’avère ici très efficace. Les morceaux sont remarquablement charpentés, d’une cohérence rare. Le chant de Nathan Weaver est à ce titre souvent relégué en second plan tant l’espace sonore est dense avec ses guitares presque post-rock et les arrangements orchestraux timides mais cruciaux (« Ahrimanic Trance »).

Une telle recette apparemment infaillible livre pourtant ses limites sur le long terme : il est à souligner que le groupe ressert ces mêmes ingrédients depuis maintenant trois albums, et l’évolution reste ténue. De plus, les titres font certes appel à des structures ambitieuses, mais toujours selon les mêmes codes, les mêmes règles. Ainsi, la batterie, trop souvent métronomique, manque parfois cruellement de groove. Et c’est pourtant ce que l’on attend d’un disque de ce type, étant donné l’importance des passages atmosphériques. En revanche, des instants de bravoure, comme la seconde moitié de « Ex Cathedra », parviennent justement à s’extraire et faire monter en intensité les compositions. Ainsi, le groupe réussit à ne pas se laisser emporter par la facilité de passages ambient trop évidents, symptôme de plus en plus flagrant dans le genre.

C’est néanmoins un constat en demi teinte qui se dessine progressivement : un album de haute volée certes, bien mis en valeur par la production de Randall Dunn (Sunn O))), Earth, Grails), mais qui dégage pourtant tellement de frustration… Les passages qui se démarquent restent rares, la faute à une certaine constance dans la composition, un côté appliqué qui rend les musiciens peu enclins à prendre des risques. Il faut surtout reconnaître que leur positionnement artistique, à cheval entre black metal old school et relents plus expérimentaux, est très difficile à maîtriser… Pas évident de contenter tout le monde.