Kamelot - The Black Halo

08/02/2005

Par Jean-Philippe Haas

Label: Noise

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En une dizaine d’années d’existence, Kamelot s’est doté d’une discographie fort étoffée : six albums studio, un en concert, et d’une réputation bien établie dans l’univers du heavy metal. Epica, leur avant-dernière réalisation est d’ailleurs souvent considérée comme leur meilleure à ce jour. Alors quid de ce Black Halo ?

A l’évidence, ce power metal à tendance symphonique reprend tout ce qu’il faut pour réussir dans sa catégorie : il dispose d’une production puissante, l’interprétation est comme il se doit au cordeau, efficace et les morceaux sont souvent entraînants et bien chantés : entre Andy Kuntz et Edu Falaschi en moins aigu et sans l’accent à couper au glaive – le chanteur, Khan, est norvégien, le reste du groupe est américain, qui l’eut cru ? Des voix féminines plutôt bien senties et quelques mélodies vaguement orientales viennent égayer l’ensemble.
Le rythme des morceaux varie entre la marche guerrière et la cavalcade, et l’on verrait presque les licornes et autres dragons surgir de l’horizon glorieux. D’ailleurs, n’est-ce pas le véloce Jens Johansson qui pointe le bout de son clavier pour assurer çà et là quelques soli, malheureusement aussi originaux que ceux qu’il sert dans Stratovarius ?

Malgré sa beauté formelle, The Black Halo n’apporte rien de neuf au genre, surtout par rapport à l’album précédent de Kamelot. Bien au contraire, l’écoute de ce disque laisse une désagréable impression de redite, à la limite du cliché parfois ainsi que l’illustre « When The Light Are Down ». Heureusement, quelques titres sortent la tête de cette mer sur laquelle peine à souffler une petite bise d’originalité : « Soul Society », moins prévisible que les autres, « Un Assassinio Molto Silenzioso », interlude à l’accordéon sorti de nulle part, ou encore « The Black Halo », suffisamment court pour ne pas lasser. Enfin, l’incontournable morceau long – « Memento Mori », neuf minutes au compteur – qui-donne-une-touche-progressive-à-l’ensemble reprend la structure classique intro douce/crescendo/decrescendo, mais sa relative richesse lui évite l’écueil de la rallonge indigeste.

Kamelot poursuit donc sa quête épique de la perfection en proposant une fois encore un album finement ciselé, mais loin d’être révolutionnaire.