:(
07 Février 2007

Satellite

Evening Games

par Christophe Gigon
Déjà la seconde production musicale de cette formation polonaise qui nous avait gratifiés d’un premier album agréable et fort bien produit l’année précédente : A street between sunrise and sunset à la superbe pochette réalisée par Mark Wilkinson (Marillion, Fish, etc.) Nouveau groupe constitué en fait de vieux briscards mais fines gâchettes ! En effet, Satellite est composé d’anciens membres du défunt Collage qui avait acquis ses lettres de noblesse en Europe durant les années quatre-vingt-dix. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les autres membres de Collage, exclus du projet Satellite (articulé principalement autour du compositeur/auteur/arrangeur/producteur/batteur Wojtek Szadkowski), ont eux aussi donné naissance à une nouvelle entité musicale évoluant dans les mêmes eaux néoprogressives que leurs anciens comparses : Believe ( Hope to see another day, 2006)

Le premier album de Satellite avait attiré les amateurs de Pendragon et du Marillion première époque et pas seulement à cause du logo du groupe et des pochettes très cousines de celles des deux groupes susnommés. Certes, le fait que Mark Wilkinson ait donné caution à ce nouvel ensemble progressif, ajouté au fait que celui-ci n’est, que le phénix de feu Collage ont concouru à créer l’événement autour de ce disque. Et quid de ce dernier ? Agréable comme il a déjà été relevé en introduction de cette haletante chronique. Sans plus. On voyage en terrain connu : du néoprogressif « pur jus » aux claviers « propres sur eux » et aux envolées de guitare « à la Pendragon ». Une production maîtrisée bien qu’un rien aseptisée (on est ici bien loin de King Crimson et Mars Volta !) et la voix très agréable de Robert Amirian (très proche de celle d’un Nick Barrett de Pendragon) qui officiait déjà dans les derniers Collage. La guitare de Mirek Gil est très reconnaissable et, pour dire vrai, on se demande bien pourquoi Wojtek Szadkowski, déjà batteur et tête pensante de Collage a pris la peine de dissoudre celui-ci pour en former un clone avec la moitié des membres du groupe atomisé. Seule réelle nouveauté musicale : l’utilisation de boîtes à rythme et une certaine recherche au niveau des arrangements de batterie. Ce souci confère à l’ensemble un son résolument moderne qui positionne bien le groupe dans son époque bien que le disque Moonshine de Collage, déjà vieux de dix ans en 2004, ne se situe pas aux antipodes du premier effort studio de ce nouveau satellite musical.

Revenons à présent à ce second album : Evening games. Aucune révolution, ni même d’évolution à signaler ! On prend les mêmes et on recommence ! Successeur logique de A street between sunrise and sunset, ces « jeux du soir » ne donneront pas de nuits blanches à l’auditeur et lecteur de Progressia. Disque facile sans prise de risque ni climax, une paisible promenade en terres balisées qui ne marquera pas l’histoire du rock progressif. A ce titre, le premier album de Believe mentionné plus haut constitue une alternative plus avantageuse : l’ajout du violon électrique et la voix rocailleuse de Tomek Rozycki donnent un côté plus original et captivant à l’ensemble.

Ce disque n’est pourtant pas désagréable, loin s’en faut. Il est juste « normal ». Il contient une collection de morceaux que tout auditeur fréquentant de près ou de loin les cercles néoprogressifs (Marillion, Pendragon, IQ, Pallas, Arena etc…) a l’impression d’avoir déjà entendus ! L’achat d’un tel produit n’est donc pas prohibé. C’est un ouvrage de qualité, bien produit et maîtrisé de bout en bout. On est loin du travail d’amateur ! Il s’agit seulement d’être conscient qu’à l’heure où le monde progressif est en train de se réinventer (The Mars Volta, Porcupine Tree, Tool et même Marillion dans une certaine mesure), on ne peut que regretter cette option « nostalgique » qui ne déplaira pourtant pas aux inconditionnels du genre.

Et finalement ce groupe, en choisissant ce « créneau » musical évident a bien choisi sa place dans un monde progressif en pleine mutation : gravitant autour des défricheurs de ce XXIème siècle déjà cités, il se positionne en satellite.
  • Année: 2004
  • Label: Metal Mind Productions

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir