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21 Septembre 2006

Frank Ribière

Bloody Karma

par Julien Damotte
Le nom de Frank Ribière, guitariste originaire d’Aix en Provence est loin d’être inconnu puisque l’album Human Nature’s Fight du Double Heart Project, duo fondé avec son ami de toujours Vincent Fabre, avait été très bien accueilli par les critiques en 2003. C’est en solo - ou presque - que Frank a décidé de continuer l’aventure avec Bloody Karma . Presque, puisqu’il n’a pas réussi à se passer de son compère et ami de toujours qui vient lui prêter main forte à la batterie cette fois-ci, même si les titres ont été entièrement composés par Frank. Chapeau bas à Vincent Fabre donc, qui prouve avec cet album qu’il est au moins aussi à l’aise derrière les fûts qu’à la guitare.

Composer et enregistrer un album solo de rock instrumental est le rêve de tout guitariste en herbe, et Frank Ribière possède toutes les qualités nécessaires à cet exercice. Les thèmes sont, à l’image du Double Heart Project, simples mais efficaces et la recherche mélodique prime constamment sur la démonstration technique. Sur fond de riffs puissants et de double grosse caisse, la sauce prend bien et on a affaire à un album de bonne qualité aux airs de Satriani ou encore Vai en un peu plus musclé. La production soignée vient rendre l’écoute encore plus agréable et mettre en valeur les qualités techniques des musiciens. Quelques touches de metal progressif viennent ponctuer ça et là ce rock instrumental, comme dans l’introduction très « Dream Theater » de « A New World » ou encore sur les titres plus techniques comme « Lost In The Jungle », « Euphoria » ou le très réussi « Sphinx Attack ».

Mais est-il possible de mener à bien un tel projet sans tomber dans les clichés du genre ? C’est malheureusement très difficile et Frank Ribière n’évite pas le piège des guitares harmonisées à outrance (marque de fabrique de la plupart des titres de ce Bloody Karma), qui même si elles sont très bien exécutées comme celles de la ballade « This Little Thing In Everyone’s Heart » ou de « Funky Satellite », laissent un goût de déjà entendu. Il en va de même pour le boogie « Boogytoshok », exercice quasi-inévitable et pourtant dispensable de l’album instrumental moyen.

Hormis ces quelques écueils, Bloody Karma demeure un album très agréable à l’écoute et restera dans les mémoires comme un disque de très bonne facture. A noter les interventions du virtuose italien Mistheria aux claviers sur trois titres qui viennent contraster avec la simplicité ambiante à coups d’avalanches de notes. Enfin, Vincent Fabre n’aura pas pu s’empêcher, et on le comprend, de venir échanger quelques soli avec son camarade sur « Boogytoshok » et « Euphoria ». L’album se termine par une deuxième ballade très planante et très bien exécutée, aux soli majestueux. Exercice réussi pour ce guitariste qui commence à se faire un nom dans la planète shred.
  • Année: 2006
  • Label: Autodistribution

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