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22 Avril 2004

Nektar

A Tab in the Ocean (rééd.)

par Djul
Deuxième album du groupe, et deuxième chronique dans Progressia pour Nektar, suite à cette sortie en version remastérisée. Le travail était d’ailleurs visiblement nécessaire, tant les fans se sont plaints de la seule version CD disponible dans le commerce, chez Bellaphon. Ce disque très court de 35 minutes syndicales pour pouvoir tenir sur les vinyles de l’époque, sorti en 1972, est augmenté de son pendant américain, sorti seulement en 1976. Larry Fast, producteur du groupe à partir de la deuxième moitié de ladite décennie a en effet considérablement épaissi le mix de l’album original, en y ajoutant de nombreux « overdubs » de synthétiseurs, et en détaillant un peu plus la batterie (ajout de percussions en particulier).

Ce A Tab in the Ocean n’est cependant pas le disque qui permettrait de crier à l’injustice, du fait de l’oubli quasi-total de ce groupe dans la grande histoire du progressif des années 70. Tandis que Journey to The Center of the Eye était une œuvre plombée par un recours trop excessif aux délires psychédéliques de l’époque, ce second album pêche par rigorisme vis-à-vis des canons progressifs en vigueur aux débuts des années 70. Nektar se situe sur ce disque dans un genre assez proche de la vague allemande qui arrivera un peu plus tard, de Anyone’s Daughter à Eloy : un progressif vaporeux, fortement inspiré par Pink Floyd. Si le morceau-titre augure du meilleur, avec son introduction grandiloquente à la « Close To The Edge » (basse ronflante, rythmique syncopée) et une suite pleine d’énergie, le soufflé retombe hélas, avec un morceau lent, « Desolation Valley / Waves » et ses accents jazzy entendus cent fois. Certes, les mélodies retiennent parfois l’attention et quelques passages sortent du lot comme le final enlevé de « Crying in the Dark ». Hélas l’utilisation exclusive de l’orgue Hammond, au détriment d’autres instruments à claviers disponibles à l’époque, et la volonté du groupe de limiter ses compositions à deux ou trois thèmes au plus assombrissent le tableau.

Que reste-t-il de cet album pour la mémoire collective ? Peu de choses, plutôt anecdotiques : Iron Maiden a repris « King of Twilight » et, avec le recul, on peut dire que ce morceau rapide et épique préfigure en effet l’époque de Killers ! A Tab in the Ocean est donc un disque inégal, puisque seul « A Tab In The Ocean » et « King of Twilight » méritent vraiment que l’on s’y attarde : vingt minutes de musique hélas trop courtes pour convaincre le néophyte.
  • Année: 2004
  • Label: Dream Nebula Recordings

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