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22 Avril 2004

Nektar

Journey to the Center...(rééd)

par Djul
C’est l’histoire d’un groupe oublié de tous, et qui, malgré de ce qu’en diront ses quelques fans, n’a pas forcément mérité mieux… du moins à l’écoute de cet album. Nektar est la réunion de quatre Anglais, expatriés en Allemagne, et qui ont composé au début des années 70 une série d’albums psychédéliques rappelant Camel et Pink Floyd. Le verbe « rappeler » est d’ailleurs à la fois trop fort et trop faible, puisque le groupe n’arriva jamais à égaler ces références, tout en n’étant pas à même de se dégager des canons institués par ces deux formations. Sorti en 1971 sur le label allemand Bellaphon, Journey at the Center of the Eye est le premier album de Nektar et fait l’objet d’une réédition par Dream Nebula Records, un label monté par le groupe Ce disque l’objet d’une attention toute particulière, puisqu’il bénéficie de la technologie SuperAudio CD, et d’un mixage en 5.1 Surround. De quoi faire trembler les installations ! à condition que l’essentiel, à savoir la musique, suive…

Et il n’est pas nécessaire d’attendre bien longtemps avant de comprendre pourquoi Nektar n’a pas fait la même carrière que ses homologues anglais. La plupart des morceaux a en effet un pouvoir sédatif hors normes, à force de délires psychédéliques et bruitistes faits de larsen, d’effets d’échos et de réverbération. Outre l’indigence des mélodies (en particulier vocales), la production de l’ensemble est calamiteuse (orgue Hammond en sur-saturation une fois sur deux, guitares aigrelettes, voix que l’on croirait enregistrée au magnétophone), malgré quelques effets « spaciaux » plutôt rigolos telles les guitares trafiquées. Autre motif de mécontentement, la mauvaise idée de rassembler sur seulement deux plages du CD les titres du disque : autant dire qu’en l’absence de paroles dans le livret, on ne sait plus où l’on en est après deux minutes… . Heureusement, la « deuxième face » sauve en partie l’ensemble, comme « The Dream Nebula Part 2 » et le beau solo de guitare de Roy Albrighton ou « Burn Out My Eyes », sur lequel ledit leader chante à la manière d’un Greg Lake sur In the Court of the Crimson King. Les deux titres bonus, “Do You Believe in Magic” et “1-2-3-4”, Faces A et B d’un 45 tours, n’apportent quant à eux pas grand chose au schmilblik si ce n’est qu’ils démontrent que Nektar ne savait pas plagier les Beatles.

Cette réédition, dont on attendait la preuve que Nektar est injustement exclu de l’arbre généalogique du prog’, nous incite plutôt à cataloguer le groupe comme une branche morte par excès d’acide, et qui présente peu d’intérêt sauf à être un amateur inconditionnel de la musique psychédélique. Il en va différemment du plus réussi Recycle, sorti quatre ans plus tard.
  • Année: 2004
  • Label: Dream Nebula Recordings

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