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30 Octobre 2010

Prophecy

Illusion of Time

par Nicolas Soulat
Premier tir dans le monde du progressif pour cette vaillante formation française, et autant avertir d'emblée : la cible est manquée. S'il n'est pas franchement courtois d'aborder un album par ces quelques mots peu encourageants, il s'agit d'être le plus clair possible, par respect pour un groupe qui est loin d'avoir tout perdu dans la bataille.

Prophecy propose une musique submergée par des influences métalliques et colorées, allant de Dream Theater à Eldritch (premières époques) en passant par Vanden Plas et Metallica. Et il devient nécessaire de se demander si ces patriarches musicaux n'ont pas déjà tout transmis à leurs enfants, tant il faut bien admettre que ce savoir est devenu bien stérile depuis quelques années, tant personne n'a réussi à y faire naître quelque chose d'original.

Paradoxalement – et c'est ici le seul gros point positif de cet effort – les compositions riches et gorgées d'idées sont certes légèrement fouillis mais souvent à deux doigts de la trouvaille, avec de très bons changements d'ambiances et deux ou trois contre-pieds harmoniques (la reprise de « The Adventure of Link » est fameuse). Attention toutefois aux similitudes trop évidentes, comme l'introduction de « Just to Be », qui s'aligne dangereusement sur le titre « Sister » de Steve Vai, et qui auraient tendance à disqualifier cette rage pourtant louable de vomir du progressif.

Cet embryon d'enthousiasme n'ira malheureusement pas à terme, condamné à l'avortement par une exécution instrumentale plus qu'approximative et une production extrêmement mal conduite. Le décalage entre la timidité de guitares boueuses et la conviction de claviers poussiéreux expose un cruel manque d'espace et de grosses faiblesses dans les aigus, qui rabaisse déjà le spectre sonore au rang de démo.

La puissance n'est donc pas mise en valeur, ce qui contribue à enfoncer au plus bas les efforts de musiciens pourtant inventifs. Si cet énorme manque de maturité venait à être comblé dans les prochains opus, et si l'inspiration venait à être domptée, il faudrait alors songer à placer ces Français sous surveillance. En attendant, bonne chance !
  • Année: 2010
  • Label: Musea Parallèle

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