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18 Septembre 2009

Neural Code

Neural Code

par Jean-Philippe Haas
Depuis son second album en solo, Universo Inverso (2006), on connait les penchants de Kiko Loureiro pour le jazz latin. Si la démarche a pu surprendre de la part d’un guitar hero, plus à l'aise en veste à patches qu'en havaianas, le résultat artistique se situait bien au-delà d’un simple disque né de la lubie de l’artiste. Car le guitariste d’Angra sait s’entourer. Et aujourd’hui, il remet le couvert sous le nom de Neural Code, avec le batteur Cuca Teixeira et le bassiste Thiago Espírito Santo, tous deux réputés au Brésil dans leurs domaines respectifs.

En guise de présentation, « Drenal » propose un énergique tour de table, plutôt représentatif des talents d’un trio à la maîtrise instrumentale monstrueuse. Dans un registre plus électrique et plus vigoureux qu’Universo Inverso, Neural Code présente ainsi la musique d'un vrai groupe, et non celle de deux faire-valoir au service d'un artiste renommé. Tantôt très personnelle, tantôt canonique, cette fusion jazz incorpore des influences latines et des rythmiques brésiliennes.

Les trois virtuoses s’en donnent à cœur joie. Aussi prompt à faire virevolter que chuchoter ses baguettes, Cuca Teixeira se marie à la basse de Thiago Espírito Santo, ici bavarde et là suave, que les amateurs de Michael Manring ou de Sean Malone sauront apprécier. Malgré une inventivité plus limitée sur les plans typiquement jazz, Kiko Loureiro extrait de sa guitare avec la même agaçante facilité ces petits motifs caractéristiques de son jeu, trouvailles mélodiques rythmées et accrocheuses (« For All », « Equaçao de Tempo » ou « Cangaceiro Maroquino »). Mais le Brésilien a appris à tempérer ses ardeurs, et livre aussi des titres beaucoup plus intimes comme « Miró », « Sombra da Lua » ou « Pensativo ».

Parallèlement à son nouvel album solo Fullblast, sur lequel il occupe tout l’espace, Kiko Loureiro a su se mettre en retrait et se fondre au sein de l’entité Neural Code. Reste à cultiver la touche latino-américaine qui fait de ce disque éponyme un coup d’essai original et fort prometteur.
  • Année: 2009
  • Label: Autoproduction

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