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21 Avril 2009

PPRY

Raising the Skeletons of Fire by Hand

par Christophe Manhès
La musique de PPRY est une expérience désagréable. Face à des galettes d’une prétention et d’une vacuité telles que celles de Raising the Skeletons of Fire by Hand [NdlR : of Dooooom !], on est comme découragé par avance d’en parler. Depuis l’avènement d’Internet, la disparition progressive des directeurs artistiques n’a pas eu que du bon. Quoiqu’on puisse leur reprocher, leur expérience consiste aussi à rappeler qu’avant de produire un disque, il faut avoir quelque chose à dire, si possible d’original, et avoir suffisamment fait ses preuves sur scène pour tester et roder l’impact de la musique. Pas besoin d’être devin pour comprendre que PPRY s’est dispensé de tout ça. C’est triste pour eux, plus encore pour nous.

Nul besoin d’une loupe pour détailler la musique de ces Finlandais. C’est un conglomérat d’influences mal digérées du rock progressif de papa, qui puise sans vergogne ni intelligence dans le courant le plus planant, allant de Pink Floyd à Eloy. Chaque titre patauge dans une mélasse soporifique et maladroite. Le chant est ridicule, les compositions indigentes et la production incapable de sauver la mise en mettant un peu de relief dans ces mornes plaines. Ramassé et élagué pour tenir sur deux ou trois titres, un mini album aurait peut-être satisfait les plus nostalgiques tout en comblant les velléités discographiques de PPRY. Mais rien n’en est moins sûr.

Il a fallu choisir à la rédaction un avocat commis d’office pour défendre ce disque. Il faudra plaider coupable, car à l’écoute, on comprend facilement pourquoi. En son temps, le rock planant a certainement marqué les esprits. Mais si l’on peut admettre que les PPRY aient voulu, à bon droit, lui rendre hommage comme étant les continuateurs adéquats, il est difficile d’accepter un tel délit de contrefaçon, qui plus est grossier, sans talent et ennuyeux.

  • Année: 2008
  • Label: Musea

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