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10 Avril 2009

Neo-Prophet

Monsters

par Christophe Gigon
La Belgique, en plus de nous offrir les meilleures bières du monde et quelques-uns des chanteurs ou formations les plus intéressants de la musique européenne (Arno, Dick Annegarn ou dEUS pour n’en citer que quelques-uns), se décide de rentrer de plein-pied dans le monde de la musique progressive qui n’avait, jusqu’alors, guère envahi nos voisins proches [NdlR : et la vague Rock in Opposition, c’est juste pour assaisonner les frites ?]. Qui se rappelle de Now qui s’était fait quelque peu connaître au début des années quatre-vingt-dix ?

Monsters est le premier album de Neo-Prophet qui dispose déjà d’une solide réputation sur scène. Le chant (en anglais) est assuré par le bassiste et n’est guère original, parfois même pénible. Dommage car dans ce style de musique, des parties vocales de qualité restent essentielles et permettent, si elles s’ajoutent à un niveau musical élevé, d’atteindre les « clés de l’ascension », pour paraphraser les propos de Jon Anderson. Heureusement, l’aspect musical du projet a plutôt bonne allure, même si les auditeurs ne crieront pas au génie à l’écoute de ces monstres musicaux, qui évoluent dans un registre très attendu et passablement saturé : le metal progressif mille fois entendu.

Quelques sons de claviers très datés plongeront l’auditeur dans des ambiances typées années quatre-vingt. Toutefois, l’ensemble, même s’il ne s’éloigne jamais des codes du genre, ne se permet tout de même pas l’outrecuidance de plagier Dream Theater à tour de gammes. Les mélodies sont plus simples (et donc plus accrocheuses), la guitare est moins démonstrative (et donc plus lyrique) et les claviers portent le tout avec une modestie mêlée de maîtrise discrète qui rendent l’écoute de cet album, somme toute, assez agréable.

S’il fallait vraiment chercher des influences chez nos amis Belges, ce serait davantage du côté de Marillion (pour les claviers et les guitares) ou Symphony X (pour le chant). Il est à ajouter que la production sonne de manière claire et lumineuse, achevant ainsi de ne pas dégoûter l’acquéreur éclairé. Néanmoins, a-t-on réellement besoin d’un énième groupe évoluant sur cette autoroute musicale embouteillée bien qu’à voies multiples ? Pas vraiment, il faut bien l’avouer.
  • Année: 2009
  • Label: Autoproduction

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