:|
09 Avril 2009

Electric Swan

Electric Swan

par Christophe Manhès
— Dis-donc Dédé, toi qu’aimes le gros qui tâche, qui ne passe une journée sans te faire couler dans les portugaises quelques vieux sillons hard rock, j’suis sûr que tu ne connais pas Electric Swan.

— Electric Swan ?!!

— Hé hé. Rien qu’à ta tête, je vois que tu ne connais pas. On t’a jamais dis que t’as l’air comique quand t’es dubitatif ?

— Me provoque pas. Fait péter un disque d’eux s’ils existent vraiment tes crasseux.

— Bon, je te mets « Calibro 9 », un instrumental plutôt charpenté. Ecoute… Alors ?

— Gros son, orgue Hammond en avant, guitariste tueur même s’il y en a eu beaucoup des assassins à cet’époque… Ça manque bien à ma culture.

— Dédé, je crois que je t’ai coincé comme il faut !

— Ben ok, j’ai jamais entendu ce truc. Bizarre. D’où qu’ils viennent alors ces mecs ?

— Ce sont des Italiens.

— Non ?!…

— Si.

— Quelle année ?

— Tiens-toi bien : 2008 !

Dédé sourit tout à coup.

— Ch’avais qu’il y avait un truc ! Je n’ai pas écrit une encyclopédie du hard rock seventies en quatre mille disques pour me faire coller par le premier chroniqueur venu !

— Vantard.

— Je te parle vrai, c’est tout. Alors, raconte.

— Le guitariste, Lucio Calegari, est un fan absolu de hard et de heavy progressif des années soixante-dix. Il a déjà monté un groupe, Wicked Minds, versé dans ce genre de digression. Visiblement il y a un public pour le vintage en Italie.

— Mouais. Moi j’trouve pas ça très sain comme démarche.

— Bon peut-être, mais t’en penses quoi toi Dédé de leur musique ? Pour toi, c’est du réchauffé ou ça le fait quand même ?

— Faut avouer, ça joue pas mal. Les instrumentaux passent bien même si c’est pas terrible niveau originalité. Le guitariste connais sa grammaire. Par contre, le chant, c’est un peu comme si Robert Smith tapait le bœuf avec Iron Butterfly ou Captain Beyond ! L’a pas le calibre 68 nécessaire le rital.

— T’as raison, il fait un peu pitié le gars. Et les covers ?

— Le « Teaser » de Tommy Bolin est pas mal. Mais toi, dis-moi, tu vas dire quoi dans ta chro ?

— Ch’ais pas. D’un côté je trouve cet album complètement inutile. Il faut réécouter Sir Lord Baltimore, Cactus, Night Sun ou Granicus pour comprendre que c’est difficile d’ajouter quelque chose à ce style, surtout quarante ans plus tard ! D’un autre côté ce Lucio Calegari m’a tout l’air d’être sincère et il est plutôt doué sur son instrument. Mais bon dieu pourquoi faut-il qu’il chante ?

— T’es donc dans la mouise.

— Merci Dédé, t’es trop gentil.
  • Année: 2008
  • Label: Badchili Records

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir