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11 Février 2014

SimakDialog

The 6th Story

par Jean-Luc Pillac
dans

SimakDialog a vu le jour au delà de notre horizon, là même où se lève le soleil, à Jakarta en Indonésie. Fondé en 1993 par le claviériste et compositeur Riza Arshad, le groupe s’est vu honoré dans son pays de plusieurs trophées, ce qui laisse augurer du niveau d’originalité et d’interprétation produit par les musiciens. Aujourd’hui composé de Riza Arshad aux claviers, Tohpati Ario Hutomo à la guitare, Adhitya Pratama à la basse, le groupe s’est adjoint pour cette sixième réalisation trois percussionnistes : Endang Ramdan, maître du kendan, percussion à deux faces qui est l’instrument de base de l’orchestre javanais et balinais, Erlan Suwardana également au kendan et Cucu Kurnia aux percussions métalliques. Il est distribué par le label Moonjune désormais célèbre dans la sphère des amateurs de jazz moderne et de canterbury.

The 6th story évolue dans un décor feutré ; l’auditeur peut s’imaginer au sein d’un petit club de jazz rempli d’esthètes écoutant religieusement, dans une ambiance enfumée et devant un verre de bière fortement alcoolisée, les musiciens partis sur leur planète imaginaire jouant leur musique délicate et complexe. Le son du Fender Rohdes fait résonner en nous les albums cultes de Return to Forever sur lesquels un certain Chick Corea officiait aux claviers mais les influences de groupes ou musiciens comme Hatfield and the North, Pat Metheny ou le regretté Joe Zawinul sont également présentes. L’originalité principale de cet album naît des trois percussionnistes qui tissent la trame d’un tissu oriental à la maille serrée sur laquelle Riza Arshad et Tohpati Ario Hutomo dessinent des mélodies et harmonies occidentales aux accents jazz-fusion. Au fil des compositions, la guitare accomplit un délicieux pas de deux avec les claviers de Riza Arshad. Les deux musiciens unissent leur virtuosité et sensibilité tout au long des compositions dont la longueur moyenne laisse présumer les développements multiformes et subtils.

Le bémol vient d’une certaine linéarité dans les tempi et dans la sonorité générale invariable qui suscitent un manque de surprise au long de l’écoute. Rien ne vient en effet créer vraiment la surprise, même si le morceau 5,6 apporte cet instant de fougue qui tend à manquer tout au long de cet album.

Ce sixième n’en demeure pas moins un bien beau chapitre à l’histoire que nous content ces musiciens de talent depuis dix ans. Et quelque chose nous dit qu’ils n’ont pas encore l’intention d’en écrire le mot « FIN ».

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