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07 Avril 2008

Nucleus Torn

Knell

par Jérôme Walczak
Knell est le cinquième album des Suisses de Nucleus Torn, présenté comme la suite logique de son prédécesseur, Nihil. Amis de la joie de vivre et des délices primesautiers, fuyez tant qu’il en est encore temps ! Nucleus Torn est tout de même plus proche d’Anathema, de l’univers de Paatos, de l’expressionnisme allemand, que de Sheila et Clive Nolan. Le rire n’étreint guère à l’écoute de cet album, mais c’est plutôt les malaises, le mal-être, les angoisses, qui sont graduellement explorés. Le rythme est bien structuré, parce que l’auditeur pénètre très progressivement dans un monde empreint de douceurs noirâtres et suaves à la Dorian Gray, pour petit à petit s’orienter vers des mondes plus angoissants encore, plus dynamiques, où la voix masculine réplique avec violence, avec même une certaine rage, à la douceur mélancolique de la première partie de disque, portée par la voix magnifique de Maria d’Alessandro.
La construction du disque est assez classique, avec un premier mouvement doux et mélancolique, presqu’exotique (le bouzouki y est pour beaucoup) et sans doute l’un des plus réussis du disque : c’est doux, cela confine à un léger malaise, mais avec une certaine volupté. Les choses se corsent ensuite lorsque les ambiances se dynamisent et se diversifient : violons, basses, flûtes, emballements presque tziganes, qui nous invitent à une folle nuit démoniaque. Nucleus Torn vient montrer que la douceur et la mélancolie vont de paire. Ce disque est très agréable, avec sans doute une petite réserve concernant les voix masculines, qui ne sont guère remarquables. A éviter si vous sortez de dépression…
  • Année: 2008
  • Label: Prophecy Production

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