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22 Juillet 2008

Todesbonden

Sleep Now, Quiet Forest

par Guillaume Beauvois

Premier album d'un jeune groupe américain, Sleep Now, Quiet Forest de Todesbonden nous emmène sur les chemins déjà tracés - et surpeuplés - par les groupes metal gothique à voix féminine comme Nightwish et Within Temptation. 

Dans cette jungle où il est pourtant devenu bien ardu de percer, Todesbonden a choisi une voie différente de ses confrères. Les ambiances se font ainsi plus celtiques que lyriques, et un titre comme « Trianon », avec son introduction au violon, démarque les Américains du reste de la masse. Laurie Ann Haus, chanteuse et fondatrice du groupe, ne cherche pas non plus à égaler les miauleuses faussement lyriques mais adopte un style qui lui est propre : un mélange de chant qui s'essaie à l'opéra, au rock et de voix proche de Lisa Gerrard (ex Dead Can Dance). Et, pour ne rien gâcher, l'exécution vocale est magistralement effectuée. Le groupe tracerait-il donc son propre chemin ? Ce n'est pas aussi simple. Car si Todesbonden sait faire preuve d'originalité dans de nombreux aspects de sa musique, il s'enfonce aussi dans les clichés du genre : guitares ultra-saturées exécutant un riff basique (pour trouver ce genre de recettes, mieux vaut écouter le premier Evanescence par exemple), construction poussive du refrain comme sur « Fading Empire » (très beau titre aux influences celtiques, avec harpe et cordes, malgré quelques lourdeurs) et ritournelles un peu trop entendues. 

Malgré l'existence d'une quantité impressionnante de groupes de metal gothique à chanteuse, Todesbonden arrive tant bien que mal à sortir du lot. Ce premier album est prometteur car il pose de très bonnes bases : un chant agréablement maîtrisé qui aborde des domaines originaux pour le style, de vrais instruments traditionnels en lieu et place de claviers pompeux, des influences plus diverses que la simple copie d'opéra. Espérons que le groupe osera approfondir sa propre démarche plutôt que de suivre la masse des groupes sans saveurs ayant pour idoles Theatre of Tragedy et Nightwish, car c'est avec les morceaux qui s'éloignent le plus du metal que Todesbonden se fait le plus intéressant, comme sur « Lullaby » ou les passages non métalliques de « Battle of Kadesh » par exemple.

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