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28 Février 2004

Nihil

Pandora's Box

par Florian Gonfreville

Nihil apporte avec ce troisième album, la conviction que certains groupes français ne renâclent pas au nomadisme stylistique. Prenant le risque de l’électro-acoustique, la formation bordelaise, traditionnellement considérée comme nettement plus violente, donne un aperçu dépouillé de ses capacités, à travers neuf morceaux dont trois inédits. Les six autres subissent pour l’occasion une sérieuse adaptation au format et même leur titre s’en trouve réécrit.

A la première écoute, la présence de Nihil ne s’imposait certes pas dans ces pages. Et pourtant, passer sous silence ce Pandora’s Box reviendrait à négliger ce qui en fait l’essentiel : la progression en intensité qui lie toutes les pistes du disque. Ce que cette première écoute ne permet pas, la seconde l’insinue donc : au confluent des œuvres de Coldplay, Tool, Radiohead et Pearl Jam ou du récent Sleepy Buildings de The Gathering, Pandora’s Box montre un travail appliqué porté au crescendo titre après titre, avec, c’est vrai, un côté récurrent qui peut induire l’auditeur en confusion.
Dès lors, si l’on ne connaît pas 1:00 AM ou {IN}visible, d’où sont tirés notamment « The Time Machine » originalement titré « Deus Pendulum », « Mensonges » (« Lies Within ») ou « Frailty (Thy Name is Woman) » (« Fragile »), il sera nécessaire d’accorder un peu de concentration à ce nouveau disque pour clairement distinguer les différents morceaux.

« Disfigured », « The Time Machine » et son récurrent « It’s over », ainsi que « The Pandora’s Box » s’assimileront sans doute rapidement. La mélodie et la seconde voix de « TTM », prise en charge par Célia Laugery - chroniqueuse du magazine Longueur d’Ondes ? – n’en est d’ailleurs pas innocente.
« Mensonges » devrait bientôt suivre, révélant la tentation métallique du groupe et la versatilité de la voix du chanteur, Pyer, qui se montre aussi à l’aise murmurant sur un fond de piano – et dont le discret accent français devrait séduire outre-manche - que dans des registres lourds et déchirés, nettement plus agressifs.

Très, très loin du néo- comme du metal progressif et de toutes les sensibilités constituant le cœur du courant, les Bordelais présentent une nouvelle œuvre qui colle au nom du groupe par son dénuement. Toute orchestration superflue s’est vue sacrifiée à la simplicité pour un album dont la progression ne s’accomplit que dans l’émotion exprimée. Devant l’universalité de ce langage, ne doutons pas que Pandora’s Box, défendu en ce moment sur scène et notamment en première partie de The Gathering, est un bon album d’ouverture vers un public bien plus large que celui traditionnellement fédéré par Nihil.

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