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30 Mai 2011

Sanhedrin

Ever After

par Jean-Philippe Haas

Sanhedrin hérite son patronyme d’une institution juive de l’Antiquité, sorte de tribunal religieux et civil. Avant de composer leur propre matériel, les Israéliens étaient surtout connus pour reprendre des titres de Camel. Ever After porte donc l’empreinte indélébile de ce groupe majeur de la scène Canterbury : une propension à taquiner le jazz, une flûte virevoltante, des guitares lyrico-mélancoliques, de l’orgue Hammond et autres claviers surannés. En somme, on ne dépasse guère sur ce disque entièrement instrumental la première moitié des années soixante-dix, et tout ce qui se rapproche de près ou de loin du rock progressif classique obtient droit de cité : rock symphonique, jazz-rock, folk moyenâgeux et autres fusions. Dans la liste des influences notables se trouvent également Caravan, Genesis, Yes, Jethro Tull et quelques autres dignes représentants de la dynastie Art Rock. Une production délicieusement d’époque et une judicieuse répartition des titres contribuent en outre à rendre hautement attrayante cette collection pour nostalgiques.

Ce n’est donc pas encore avec cette seconde publication que le jeune label Fading Records ouvrira ses portes à l’originalité (sic). Peut-être parviendra-t-il en revanche à faire entrer par la petite porte celles et ceux qui trouvent les productions de sa maison-mère AltRock un peu trop rébarbatives. Ou à défaut contentera-t-il très largement avec Ever After le fan moyen de Camel, ce qui représente déjà en soi une belle performance.

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