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14 Août 2009

Current 93

Aleph at Hallucinatory Mountain

par Jérémy Bernadou
David Tibet revient avec son groupe culte, histoire de compléter une discographie déjà pléthorique devenue une référence dans les milieux néo-folk et industriel. Plus longs qu'à l'accoutumée, les titres dépeignent cette atmosphère mystique et efficiente typique de la formation. Les nombreux invités (dont trois membres de Coil, Andrew W.K. et l'actrice X Sasha Grey) partagent leur expérience à ce projet avec retenue ; chaque intervention est intégrée avec pertinence et naturel au contenu artistique du maître d'œuvre.

Le tournoyant « On Docetic Mountain » fera sombrer plus bas que terre par des paroles susurrées qui renforcent l'aspect sordide et malsain du propos, tout comme l'accompagnement musical insiste sur la répétition, révélant une litanie qui tire sa vertu de cet éclairage hypnotique. Le violon de William Breeze semble hésiter à se frayer un chemin dans cet univers hostile, et chaque arpège censé rassurer ne fait qu'intensifier le climat global. Aleph at Hallucinatory Mountain est avant tout un album de contrastes qui permet à David Tibet de livrer un condensé de ses talents. Le chant incantatoire s'inscrit parfaitement dans la démarche proposé et chaque phrase prononcée par le gourou frappe l'auditeur de plein fouet.

La production recèle d'une foule de détails et tranche sans appel avec le folk et ambient mollassons caractérisés sur un paquet de galettes similaires. Guitares saturées et batterie sinueuse se taillent la part du lion, sans pour autant mettre à mal la richesse de l'écriture, à l'image de « Not Because the Fox Barks » et son intense progression, jamais pompeuse, qui conserve l'essentiel. Une esthétique particulière qui pourrait rapidement tourner en rond... C'est sans compter sur l'aptitude du maestro à persévérer dans l'inventivité, vingt-sept ans après les débuts de « son » bébé qui a tant apporté au monde des musiques sombres et industrielles.

Plus accessible comparé à l'ensemble de ses travaux grâce à l'étendue des paysages décrits, ce disque évite de se cantonner dans un domaine précis et se renouvèle sans cesse. Tel une hydre dont les têtes sont autant de personnalités, David Tibet parvient sans relâche à offrir cette alchimie extatique aussi efficace d'inespérée.

[NdlR : Même si les messages informatifs contre la piraterie qui ponctuent les albums destinés à la promotion nous chauffent les oreilles, il est à noter celui néanmoins exquis dudit album : This is a promotional CD. Anyone illegally selling, copying, uploading or downloading this material is condamned to eternal hellfire... Happy listening, God is love !]
  • Année: 2009
  • Label: Southern Records

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