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14 Janvier 2019

Beak>

>>>

par Chrysostome Ricaud

On était sans nouvelles de Portishead depuis leur prometteur troisième album sobrement intitulé Third qui les voyait s’éloigner du trip-hop ayant fait leur gloire pour s’aventurer vers des territoires bien plus expérimentaux. On attendait patiemment le retour des légendes de Bristol sans savoir qu’un de ses membres clé, Geoff Barrows, avait monté un projet parallèle dans lequel il explore sa passion pour le krautrock. Toujours pas de nouveau Portishead à l’horizon donc, mais déjà une discographie tout aussi remplie pour son side-project puisque >>> est déjà le troisième album du groupe.

L’empreinte de Can est très présente dans la musique jouée par Beak>, notamment dans le basse-batterie groovy et hypnotique ainsi que les vocaux distants et hallucinés. Du côté des synthétiseurs, on retrouve la fascination qu’avait déjà Portishead pour l’analogique, et les amateurs de sonorités vintage se régaleront ! Les pistes alternent entre morceaux chantés et instrumentaux, et sur ces derniers la place accordée aux synthétiseurs est souvent plus importante. Les ambiances sont sombres et inquiétantes. Malgré cela, le son est chaleureux. En effet, l’ensemble des pistes semble avoir été traité avec un effet de cassette audio usé, donnant une sensation de vacillement permanent qui évoque la nostalgie (sonorité qui a rendu mythique le groupe Boards of Canada).

L’album termine sur une note joyeuse inattendue avec «  When we fall  ». Cette composition, véritable temps fort de >>>, commence avec un simple arpège de guitare et des voix harmonisées aux sonorités naïves, très mélodique, ne laissant pas imaginer tout le développement qui va suivre. Ce sont d’abord des cordes qui lui ajoutent ampleur et solennité. Puis quand on croit que le morceau se termine, c’est tout le reste du groupe (basse-batterie) qui rentre en scène sans prévenir, en abandonnant cette légèreté joyeuse passagère, pour aboutir à quelque chose de plus instable et ambivalent.

Les fans de Portishead trouveront dans la musique de Beak> bon nombre de caractéristiques qui participaient au son des légendes du trip-hop : la recherche d’un son chaleureux et nostalgique, les synthétiseurs analogiques, l’ambiance inquiétante, les expérimentations sonores. Mais ce sont surtout les amateurs de krautrock qui se régaleront de cet album hors du temps, à placer aux côtés des œuvres majeures du genre réalisées par Can, Neu! et Faust.

Commentaires 

#1 _Ancestor_ 16-01-2019 10:31
Chouette chronique d'un disque non-conformiste et truculent ! Ce qui est étonnant c'est que j'y vois plus des influences de PINK FLOYD, RADIOHEAD, GONG... Comme quoi on peut trouver qu'un album est très bon sans y entendre complètement la même chose !
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