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05 Novembre 2018

El tubo elástico

Impala

par Chrysostome Ricaud
dans

El tubo elástico est un groupe de post-rock instrumental qui nous vient d’Andalousie. Leur formation est assez classique pour le genre : deux guitaristes, un bassiste et un batteur, deux des musiciens jouant également des claviers. Impala est leur deuxième album. S’il ne comprend que 6 titres, d’une durée de 5 à 12 minutes, c’est bien à un LP qu’on a à faire et non à un EP.

Ces Espagnols cachent bien leur jeu, car sur les deux premiers titres de l’album on a l’impression d’entendre un groupe de post-rock, certes de qualité, mais comme il en existe des centaines. Il est difficile de voir ce qui les ferait sortir du lot. Pourtant sur les titres suivants, on se met à tendre l’oreille lorsque les musiciens insèrent de manière toujours réussie des influences jazz, funk ou électro.

«  Turritopsis nutricula  » débute avec un riff bien groovy joué au Chapman stick par un premier invité, Guillermo Cides. Ce dernier nous gratifie également d’un magnifique solo jazzy. Bien que le plus court de l’album, ce morceau en est également un des meilleurs. A l’inverse «  El acelerador de picotas  » en deux parties et d’une durée totale de plus de 12 minutes est le moment faible de l’album à cause de ses riffs trop répétés qui finissent par lasser après de multiples écoutes. Un peu plus de concision aurait fait du bien à cette composition, pourtant remplie de bonnes idées, avec notamment un break funky du plus bel effet. Le groove est d’ailleurs une constante et un point fort de la section rythmique basse-batterie de ce groupe avec notamment une basse au son très rond et épais qui ne passe pas inaperçue. Groove qui atteint son paroxysme sur «  La avispoteca  » grâce à l’ajout des percussions d’Ant Romero, le deuxième invité de cet album. Le pari audacieux d’avoir voulu ajouter de la darbouka à leur post-rock est parfaitement réussi et on tient là le deuxième moment fort du disque. Signalons enfin le titre éponyme qui intègre des sonorités de synthétiseurs modernes ajoutant une touche électro à leur son. Cette initiative pertinente permet là encore à nos Andalous de se démarquer.

Impala possède de nombreux atouts pour séduire les amateurs de rock progressif et de post-rock : une pochette magnifique, des morceaux tortueux remplis de rythmes complexes et parsemés d’E-Bow, de Chapman stick, de Moog, de Mellotron et d’orgue Hammond. Mais ce qui rend ce groupe plus intéressant et qui leur permettrait de se démarquer vraiment par la suite, c’est sa capacité à intégrer d’autres genres plus inattendus dans leur post-rock. En approfondissant cette piste pour leur prochain album, El tubo elástico pourrait frapper un grand coup !

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