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27 Octobre 2018

Vola

Applause Of A Distant Crowd

par Jean-Philippe Haas

Repérés avec Inmazes (sorti d'abord en autoproduction puis chez Mascot Records), les Danois de Vola peuvent être définis sans qu'il faille en prendre ombrage comme un croisement entre Leprous et Agent Fresco. Des mélodies et des refrains planants côtoient des riffs bien abrasifs.

Les doses de chaque ingrédient varient selon les titres. Si « We Are Thin Air » ménage avec habileté la chèvre et le chou, ou plutôt la plume et l'enclume, histoire de garder l'attention de tout le monde dès l'ouverture de Applause Of A Distant Crowd, « Ghosts » s'adresse sans équivoque aux plus sensibles d'entre nous, avec sa boucle très pop au synthétiseur. Ce n'est pas innocent s'il s'agit là du premier extrait destiné à promouvoir l'album. Pour autant, il n'est pas question pour le groupe de laisser tomber les headbangers qui avaient été séduits par le précédent disque. Dès « Smartfriend », voilà que reviennent les coups de tronçonneuse nourris au djent qui font aussi partie du charme de cette jeune formation. Certes, on n'est pas loin du grand écart avec la délicatesse et l'onirisme de « Ruby Pool » d'un côté, et de l'autre le riff pesant qui parcourt « Whaler » presque de bout en bout, mais le plus souvent, c'est un savant équilibre qui domine, toujours soutenu par de séduisants éléments mélodiques, un chant suave et quelques touches d'électronique. C'est à peine si on regrette que le très éthéré «  Vertigo » s'inspire avec un peu trop d'évidence du (par ailleurs magnifique) thème principal d'Interstellar.

Vola choisit donc clairement de ne pas choisir entre ses velléités pop et ses envies métalliques. Choix que l'on ne lui demande du reste pas de faire, puisque Applause Of A Distant Crowd a sa propre harmonie savamment construite autour de la puissance et de la douceur, une dualité qui ne saurait être mieux exploitée qu'ici.

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