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01 Octobre 2018

Moskus

Mirakler

par Choreo

Depuis les dernières vacances, Chromatique a reçu une petite poignée d'albums norvégiens. Et il faut avouer que jusque-là, la fraîcheur scandinave a su nous séduire, le dernier album de Moskus apporte lui aussi sa pierre à l'édifice. Ce jeune trio (chaque interprète a tout juste la trentaine) a déjà reçu deux Spellemannspris (l'équivalent des Grammys en Norvège) et va sûrement continuer à transporter les auditeurs. Transporter oui, car il est bien question de voyage dans cet album. « Eventyrdagene » par exemple, que l'on peut traduire par «Jours d'aventures», est une courte ode à l'errance. On ne sait pas forcément où les interprètes nous mènent mais on les suit avec une confiance aveugle. Ce titre vient gentiment flirter avec des sonorités de jeux vidéos rétros et à surtout un côté très bon enfant.

C'est cette innocence qui donne à ce groupe un aspect infantile. On sent, de par le choix des sons et des instruments utilisés, que chacun des musiciens joue (au sens ludique du terme). En effet la plupart des titres est une improvisation et il est évident que chacun apporte sa petite tâche de peinture qui vient sublimer les fresques malicieuses que nous dessine Moskus. Un pipeau à la justesse hasardeuse, des claviers surf rock, du piano à pouce, un son de thérémine (« (¨,) » est une petite pépite), ça ne manque pas d'imagination et puis ce n'est pas habituel. On est très loin des jeunes trios de jazz vigoureux et virtuoses débordant d'énergie, on est ici face à des interprètes beaucoup plus calmes, posés, dans un univers plus intime. Attention cependant, ils peuvent également faire preuve de grande complexité ( « Irsk Setter » nous montre des mélanges de rythmes assez périlleux) et peuvent composer de superbes thèmes. « Voyager » est un titre au ton badin avec une basse entêtante, des claviers qui viennent vous chatouiller les oreilles et un vibraphone plein d'ironie. C'est une chansonnette très calibrée mais l'un des seuls morceaux à avoir une durée convenable...

Mirakler est donc un album doux comme un bonbon qui réveillera votre âme d'enfant. Des idées parfois complexes mais toujours amenées avec naïveté et simplicité. Cet album s'écoute partout avec n'importe qui (faites en profiter vos bambins, l'effet devrait être immédiat !). Anja Laudval (claviers), Fredrik Luhr Dietrichson (contrebasse) et Hans Hulbækmo (percussions) forment un trio sage comme une image. Un petit reproche cependant sur la durée des morceaux qui est (c'est d'ailleurs rare pour un jeune trio de jazz) généralement un peu trop courte, les idées sont souvent très bonnes alors pourquoi ne pas les approfondir un peu plus ? Quel dommage que « Min venns skaperverk » ne dure qu'à peine une minute... En tous cas, la Norvège n'a pas perdu de sa fraîcheur et de son inventivité, Moskus est un trio singulier qui peut désormais se permettre de prendre un peu plus son temps et qui, malgré son innocence, est un groupe plein de maturité à l'identité très affirmée. Gratulasjonen !

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