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28 Août 2018

Lady With

The Lodge

par Jean-Philippe Haas

Il est possible que le nom de Camille Petit ne vous dise pas grand chose, et on ne peut décemment pas vous le reprocher. Néanmoins, peut-être que ceux qui suivent les aventures de Ghost Rhythms ont fait le lien entre celui-ci et Lady With, side-project dudit musicien. On ne sera donc pas étonné de retrouver sur The Lodge une grande partie de ce qui faisait la force de Madeleine.

Le foisonnement sonore est ici l'une des clés de la réussite. Camille Petit s'est bien entouré, à commencer par Xavier Gélard, co-compositeur chez Ghost Rhythms qui n'intervient ici qu'en tant que batteur / guitariste. D'autres transfuges y vont de leur saxophone, clarinette, violon, flûte ou de leur voix, apportant ainsi la même diversité fondée sur une pléthore d'instruments acoustiques et sous-tendue par une section électrique, basse, guitares et claviers divers joués par le compositeur. Dès lors, y a-t-il vraiment une différence notable entre les deux formations ?
Indéniablement, car là où Madeleine jouait le contraste permanent, les rebondissements, The Lodge s'appuie à quelques exceptions près sur des structures et motifs répétitifs, voire minimalistes, joués par un ou deux instruments, sur lesquels d'autres viennent broder leurs enluminures. Résultat : des ambiances étranges, brumeuses parfois, presque fantastiques, ce qui n'a rien d'étonnant lorsqu'on s'intéresse à la référence du Septième Art qui gouverne l’œuvre, à savoir Twin Peaks et son réalisateur David Lynch (il existe d'ailleurs une version numérique légèrement différente de l'album, censée coller au plus près d'un épisode de la saison 3). Saxophones gémissants ou mélancoliques, vocaux éthérés, solos diaphanes, passages quasi symphoniques, tapis rythmique… on pense par moments à feu Mandrake Project, à Karda Estra et forcément à Ghost Rhythms. Mais Lady With suit sa propre route et crée quelque chose de familier et d'inédit en même temps, un habile équilibre entre jazz, musique de chambre, cinématographique, voire progressive, en particulier sur les trois derniers titres où les ruptures se font plus nettes.

Vous avez aimé Ghost Rhythms ? Alors vous aimerez sans le moindre doute Lady With. Proches mais différents, les deux groupes parviennent à l'essentiel si souvent oublié : transporter ailleurs celui qui l'écoute, lui raconter une histoire en lui faisant traverser toute une gamme d'émotions avec une musique à la fois limpide et sophistiquée.

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