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30 Juillet 2018

Arp

Zebra

par Choreo

Arp (de son vrai nom Alexis Georgopoulos) est un DJ / producteur américain aux influences multiples. Pour Zebra, il semblerait que ce soit les sonorités africaines qui l'aient inspiré puisque l'élément central de cet album est bien le marimba (sorte de xylophone bantou particulièrement apprécié pour le son percussif mais plein de résonances harmoniques qu'il produit). Viennent se rajouter à cela des boucles rythmiques se rapprochant tantôt de l'écriture de Steve Reich (impossible de ne pas penser à « Music for 18 Musicians » surtout avec « Parallelism »), tantôt des musiques traditionnelles sud-africaines ou des fragments de musique nippone. Jusque-là rien de bien nouveau, ça pourrait même être qualifié de déjà vu. Mais là où ça commence à se démarquer un petit peu, c'est par le curieux mélange entre ces sonorités très « boisées » avec des claviers aux sons artificiels. Rappelons au passage que « Arp » est également le nom d'une marque à qui l'on doit l'Arp Odissey, synthétiseur qui aura marqué les années 70. Ce mariage n'est pas inintéressant, le son moog (ou plutôt Arp du coup) et les résonances disco avec les instruments acoustiques dessinent parfois des paysages atypiques et laissent place à l'imagination.

Seulement, toutes les compositions sont construites exactement de la même manière : la boucle principale est exposée au début, ensuite des apparitions galactiques de la part des claviers, de temps à autre nous avons le droit à une courte pause où la boucle s'efface mais ne tarde pas à revenir et l'on retrouve le même procédé qu'au commencement du morceau avant de finir sur une fin qui n'a presque rien à voir avec tout ce qu'il s'est passé pendant l'écoute... « Halflight Visions » est le seul titre qui suit ce procédé et qui est vraiment intéressant. À deux reprises, des sortes de « jingles » s'insèrent entre deux pistes mais leur intérêt est moindre, ils n'apportent rien à l'album. On manque quand même de relief malgré les textures sonores intéressantes qui se dégagent. Au milieu de tout cela, un titre attire l'attention grâce à son écriture que l'on pourrait presque qualifier de symphonique. « Ozu » fait apparaître une plaine venteuse asiatique au calme imperturbable. Peut-être que ce titre fait hommage à Yasujirō Ozu, réalisateur japonais à qui l'on doit notamment les films « Bonjour » et « Le Goût du Saké » ? En tout cas, c'est à travers ce morceau que le charme opère même si sa durée est (beaucoup trop?) courte.

Ce n'est donc pas dans son domaine principal, à savoir l'electro, que l'on apprécie le plus le travail de Arp. Ses compositions ont du potentiel et il y a des idées à creuser. Encourageons le DJ à se pencher un peu plus sur l'écriture instrumentale de ses morceaux car il y a sûrement un talent insoupçonné qui pourrait en émerger. Peut mieux faire, c'est certain.

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