coup de coeur
27 Mai 2018

Haken

L-1VE

par Julien Giet

Quel autre mot que « phénomène » pourrait convenir pour définir Haken ? Backing band de luxe de Mike Portnoy pour sa tournée Shattered Fortress, fleuron britannique du métal progressif ayant commencé sa carrière par un premier album empli de potentiel du nom d'Aquarius, poursuivant avec l'ambitieux Visions qui s’appréhende d'un seul bloc de 70 mn, mettant tout le monde d'accord avec le fantastique The Mountain (ainsi que la belle gourmandise que constitue l'EP Restoration qui a suivi) et confirmant l'essai avec l'excellent Affinity et sortant pour leurs 10 années d'activité un premier témoignage live à la pochette aux bandes multicolores évoquant les pochettes de cassettes VHS d'antan, Haken ne fait plus figure d'outsider sur la scène metal progressif ; ils sont maintenant devenus une référence, résultat d'un parcours maîtrisé, stratégique et méthodique.

10 ans ; 10 ans à écumer les scènes du monde entier, à défendre des albums plus réussis les uns que les autres et à alimenter une fan base qui ne cesse de grandir (et qui se fait entendre tout au long de l'écoute). Dire que ce premier album live était très attendu relève de l'euphémisme, de l'ironie même . Autant le dire de suite, l'attente a été comblée avec (comme toujours pour Haken) brio. La set list parfaitement équilibrée fait la part belle à chaque opus du groupe en mettant en lumière des titres qui sont déjà des classiques du genre. Le son du groupe est brut, l’intention générale gagne en spontanéité, l'interprétation de certaines chansons se prête à de subtiles différences bienvenues avec leurs versions studio sur album (on citera par exemple les accents dans «  1985  », les sons de claviers plus prononcés, les guitare plus lourdes lorsque l'occasion se présente, ...). Ross Jennings (chanteur) fait ici preuve de plus de nuances pour notre plus grand bonheur (avis aux aficionados de growl, Ross Jennings nous fait la démonstration de son étonnant savoir faire durant un excellent medley consacré aux temps forts de leur premier album). Originalité et marque de fabrique du groupe, les chœurs étaient attendus au tournant: ils sont impeccables. Le fameux premier couplet de «  Cockroach King  » (ouvertement inspiré par le groupe Gentle Giant, expliqué par le guitariste Charlie Griffiths ici ) ravira les amateurs d'escapades vocales telles que celles de Yes ou de Spock's Beard. La versatilité du groupe s’exprime via des moments variés allant de l'émotion d'un duo piano/voix («  As Death Embraces  ») aux passages emprunts de dubstep («  The Endless Knot  ») en passant par des influences jazz fusion («  Visions  »). La virtuosité de chaque musicien est mise en exergue notamment durant «  The Architect  », véritable guide du titre metal progressif parfait. Le travail d'ambiances aux claviers est à saluer, le solo de guitare est d'une élégance précieuse, le solo de basse d'un dandysme distingué, la batterie est affolante de précision, l'exécution dans l'ensemble ne laisse entrevoir aucune faiblesse.

Faut-il encore argumenter davantage en faveur de Haken ? Du statut de « référence », ils sont en passe de devenir « évidence ». L-1VE est indispensable à tout passionné, qu'on connaisse Haken ou non. L'évolution du groupe entre la sortie de Affinity (2016) et la captation de ce concert (le 13/04/207 à Amsterdam) est tangible. Si cet album live nous permet de patienter un peu jusqu'à la prochaine production de Haken, il nourrit aussi des attentes déjà hautes. On a hâte !

Commentaires 

#1 hi 30-05-2018 15:18
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